Abou Ghraib, prison maudite

Catherine Fournier

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Abou Ghraib, où des photos publiées mercredi témoignent à nouveau de sévices sur des détenus irakiens, qui ont fait scandale en avril 2004, est l'une des principales prison d'Irak, scène d'exécutions de masse et de tortures sous le régime de Saddam Hussein.

Construite par des entrepreneurs britanniques dans les années 1960, la prison s'étend sur 115 hectares, entourée de hauts murs et de fils barbelés et hérissée de nombreuses tours de guet.

Du temps de Saddam Hussein, des milliers de prisonniers politiques ont été torturés et exécutés à Abou Ghraib, située dans la ville de même nom, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad.

Pour la seule année 1984, 4 000 détenus y furent exécutés, selon le site (www.globalsecurity.org), un groupe de recherche indépendant américain.
Selon ce site, des opposants à Saddam Hussein, notamment kurdes et chiites, détenus dans la prison ont été utilisés comme cobayes humains lorsque le régime développait des programmes chimiques et biologiques.

Abou Ghraib a compté jusqu'à 15 000 prisonniers à partir de 2001, répartis par groupes de 40 dans des cellules mesurant à peine quatre mètres sur quatre, selon le site.

Mais en octobre 2002, Saddam Hussein a décrété une amnistie générale et l'établissement s'est largement vidé, n'y restant incarcéré qu'un petit nombre de détenus, accusés d'espionnage au profit d'Israël ou des Etats-Unis ou des meurtriers condamnés à mort qui n'avaient pas obtenu le pardon des familles des victimes.

Depuis le début de l'occupation américaine, l'établissement a été plusieurs fois la cible d'attaques, notamment au mortier, qui ont fait plusieurs dizaines de tués parmi les détenus.

Elle a été rebaptisée par les Etats-Unis "Centre correctionnel de Bagdad" après la chute du régime baassiste en avril 2003.