Quatre mandats d'arrêt du Tribunal spécial pour le Liban

Reuters

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Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) mis en place par l'Onu après l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri a fait parvenir à Beyrouth quatre mandats d'arrêts internationaux, a indiqué jeudi le parquet libanais.

Le TSL, dont la formation découle d'une décision du Conseil de sécurité de l'Onu, est la première juridiction internationale compétente pour juger de cet attentat au camion piégé contre Hariri, qui avait coûté la vie à 22 autres personnes en février 2005.

Cette initiative a été qualifiée de «moment historique» par Saad Hariri, fils de l'ancien chef de gouvernement assassiné et chef de file de l'opposition sunnite au nouveau gouvernement libanais, où le Hezbollah est désormais majoritaire avec ses alliés politiques.

Des membres du Hezbollah

Saad Hariri a invité le gouvernement du sunnite Nadjib Mikati, imposé comme Premier ministre par le puissant mouvement chiite, à coopérer avec le TSL, qui a confirmé la délivrance de ces mandats sans préciser l'identité des suspects.

Le procureur de la République du Liban, Saïd Mirza, a fait état jeudi des mandats internationaux lancés contre quatre personnes inculpées dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Hariri, sans rien dévoiler de leur identité.

Mais il se murmure que les quatre suspects sont des membres du Hezbollah, à la fois un parti politique chiite participant au gouvernement et une milice - mieux armée que l'armée libanaise elle-même - qui a crânement tenu tête à l'offensive de Tsahal à l'été 2006.

Le puissant mouvement chiite, soutenu à la fois par la Syrie et l'Iran, nie toute implication dans l'assassinat de Hariri et présente le TSL comme un instrument de la politique occidentale avec lequel il adjure le gouvernement de rompre les ponts, contrairement à ce que souhaite Saad Hariri.

«Le temps de la justice est proche»

Dans un communiqué aux termes soigneusement pesés, le gouvernement de Mikati, qui n'a que deux semaines d'existence, a souligné l'importance de faire éclater «la vérité sur le crime concernant Rafic Hariri» et souligné qu'il suivrait de près les débats du tribunal.

«Le gouvernement libanais a le devoir politique, national, légal et éthique de remplir ses engagements envers le tribunal. Personne n'a de raison de fuir cette responsabilité», a déclaré Saad Hariri.

«Il est temps de mettre fin à ces affaires d'assassinats. L'ère des meurtriers est finie et le temps de la justice est proche», a-t-il ajouté dans un commmuniqué.

L'assassinat de Hariri, pour lequel Damas avait immédiatement été pointée du doigt, avait contraint la Syrie à retirer ses troupes du Liban après une présence de 28 ans.