Ex-otages en Afghanistan: Le déroulement de leur détention

TERRORISME Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière ont livré quelques détails à leur arrivée en France...

C. F. avec agences

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Les journalistes de France 3 Hervé Ghesquière (à droite) et Stéphane  Taponier lors d'une conférence de presse sur le tarmac de la base de Villacoublay, près de Paris, le 30 juin 2011. 
Les journalistes de France 3 Hervé Ghesquière (à droite) et Stéphane Taponier lors d'une conférence de presse sur le tarmac de la base de Villacoublay, près de Paris, le 30 juin 2011.  — REUTERS/Gonzalo Fuentes

«Une bulle de non vie.»  Stéphane Taponier, 46 ans, et Hervé Ghesquière, 47 ans, ont donné un aperçu de ce qu’ils ont vécu pendant leurs 547 jours de captivité aux mains des talibans en Afghanistan.

Les deux journalistes de France 3 avaient été enlevés le 29 décembre 2009 avec leurs accompagnateurs dans la vallée de la Kapisa, au nord-est de Kaboul. Ils ont été libérés mercredi et ont raconté leur détention avec un mélange d'humour et de gravité lors d'une conférence de presse sur le tarmac de la base de Villacoublay (Yvelines) ce jeudi matin.

«On n'a pas été frappés, on n'a pas été attachés»

«On savait qu'on ne risquait pas notre vie dès le début, on représentait de l'argent», a déclaré Stéphane Taponier. «On n'a pas été menacés, car on ne détruit pas sa tirelire», a ajouté son confrère.

Les deux ex-otages ont affirmé ne jamais avoir subi de violences de la part de leurs geôliers taliban.

«On n'a pas été frappés, on n'a pas été attachés», a précisé Hervé Ghesquière, évoquant néanmoins des «conditions de vie très difficiles». Celui-ci a précisé souffrir de «petits problèmes de santé», apparemment d'origine infectieuse.

Riz et haricots rouges

«Les conditions de vie, c'est être enfermé 23h45 sur 24», avec «deux sorties pour aller aux toilettes à l'aube et le soir» et «une nourriture «spécial montagne afghane», soit riz et haricots rouges, a poursuivi Stéphane Taponier.

«L'enfermement, la mauvaise nourriture, le manque d'hygiène, pas spécialement parce que nous étions otages, mais parce que dans ces montagnes afghanes, on vit comme au Moyen-Age», a-t-il expliqué.

«De longs tunnels noirs»

Et de confier: «Le plus terrible au début, c'est de se dire ‘mais qu'est-ce qu'on va faire de toute la journée, il est huit heures du matin, on va devoir vivre a priori sans rien à faire jusqu'à 10 heures du soir, rien à lire’.»

Les deux hommes ont raconté avoir pratiqué de l'exercice physique quotidiennement pour tenir. «Ça a été long, il y a eu de longs tunnels noirs», a témoigné Hervé Ghesquière. «On s'était dit au début qu'il fallait garder le moral. On a toujours gardé le cap, toujours gardé de l'optimisme», a ajouté son compagnon de captivité.

Séparés pendant huit mois

Les deux hommes ont pourtant été séparés au bout de trois mois de détention. Hervé Ghesquière a dit avoir été seul durant huit mois, du 13 avril au 13 décembre 2010. Stéphane Taponier disposait d'une radio sur laquelle il écoutait RFI, Hervé Ghesquière captait la BBC. «Moi j'écrivais, je faisais mon journal de bord, mais hélas, mes feuilles ont été prises», a indiqué Stéphane Taponier.

Ce dernier a raconté avoir compris qu'ils étaient libérés quand leurs ravisseurs leur ont donné le «traditionnel habit blanc, couleur des talibans», avant de faire «une grande marche, il y a deux jours, pour rejoindre la vallée principale.»