Des manifestants pris dans les gaz lacrymogènes, le 28 juin 2011, à Athènes (Grèce).
Des manifestants pris dans les gaz lacrymogènes, le 28 juin 2011, à Athènes (Grèce). — Y.KARAHALIS / REUTERS

MONDE

Grèce: «La place Syntagma est noyée de gaz lacrymogène»

Des heurts se sont produits entre policiers et manifestants...

Les premières interventions policières ont eu lieu ce mardi en début d’après-midi place Syntagma à Athènes où des milliers de manifestants se sont rassemblés pour exprimer leur colère face au plan d'austérité, parallèlement à une grève générale de 48h.

>> Pour voir les événements sur la place Syntagma en direct, c'est par ici

La police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser un petit groupe de jeunes qui jetaient des bâtons, des pierres et des bouteilles, alors que le reste de la manifestation, réunissant près de 20.000 personnes (pour 5.000 policiers) face au parlement grec, avait débuté dans le calme.

«Les policiers terrorisent tout le monde»

«Il n'y a plus beaucoup de monde, la place Syntagma est noyée de gaz lacrymogène», raconte à 20Minutes Marianna, présente ce mardi après-midi sur la place Syntagma. «Les policiers sont à moto ou à pied, ils terrorisent tout le monde», ajoute-t-elle, précisant que les manifestants avaient, dans un premier temps, quitté les lieux avant de revenir sur place. «Tout cela, c'est à cause du vote de mercredi», indique encore Marianna, professeure de philosophie à Athènes.

Pour Dimitra, autre «indignée» de la place Syntagma contactée par 20Minutes, «les policiers sont très organisés, mais même s'il est très difficile de respirer à cause du gaz, nous sommes organisés aussi». «Je ne sais pas comment cela va évoluer, mais je pense qu'il y aura encore plus de manifestants ce soir», affirme-t-elle. Un policier aurait été blessé et il y aurait eu plusieurs interpellations selon I-Télé.

Une nouvelle cure d’économies en vue

La grève générale de 48h débutée ce mardi paralyse de son côté la capitale grecque et notamment les transports. «Il y a seulement des métros le matin et en fin d'après-midi pour que les manifestants puissent venir et repartir, mais il n'y a aucun bus et je ne sais pas comment je vais rentrer chez moi», indique à 20Minutes Lefteris Savvidis, journaliste. Venu au travail en voiture grâce à sa colocataire, il devrait être obligé de regagner son domicile en taxi. «Mais nous sommes habitués à de telles grèves chaque année en Grèce», assure-t-il.

Les députés grecs doivent se prononcer par vote mercredi et jeudi sur une nouvelle cure d'économies, ordonnée par l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international, consistant en des coupes claires dans les dépenses de l'Etat, un alourdissement de la fiscalité et des privatisations. La crainte des dirigeants de l'UE mais aussi américains ou asiatiques est qu'une faillite de la Grèce ne plonge l'économie mondiale dans une nouvelle crise de grande envergure.

Par ailleurs, les «Indignés de la Bastille», solidaires des indignés espagnols et grecs, appellent ce mardi soir à un rassemblement devant l'ambassade de Grèce à Paris à partir de 19h.