Libye: La CPI va annoncer sa décision sur le mandat d'arrêt à l'encontre de Kadhafi

JUSTICE Il est accusé de crimes contre l'humanité...

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Images de la télévision libyenne diffusées le 13 juin 2011 montrant le colonnel Mouammar Kadhafi en train de rencontrer le joueur d'échecs russe Kirsan Ilyumzhinov à Tripoli, le 12 juin 2011.
Images de la télévision libyenne diffusées le 13 juin 2011 montrant le colonnel Mouammar Kadhafi en train de rencontrer le joueur d'échecs russe Kirsan Ilyumzhinov à Tripoli, le 12 juin 2011. — AFP PHOTO/LIBYAN TV

La Cour pénale internationale (CPI) dira ce lundi si elle délivre ou non un mandat d'arrêt contre le colonel Mouammar Kadhafi pour des crimes contre l'humanité commis en Libye depuis la mi-février. 

Kadhafi et fils menacés

Dans une requête déposée le 16 mai, le procureur Luis Moreno-Ocampo avait demandé aux juges de lancer des mandats d'arrêt contre le colonel Kadhafi, son fils Seif Al-Islam et le chef des services de renseignements libyens Abdallah Al-Senoussi. Les trois hommes sont accusés par le procureur de meurtres et de persécutions commis par les forces de sécurité libyennes sur la population civile depuis le 15 février, notamment à Tripoli, Benghazi et Misrata, constitutifs de crimes contre l'humanité.

La révolte en Libye a fait des milliers de morts, selon le procureur de la CPI. Elle a également entraîné la fuite à l'étranger de près de 650.000 Libyens et le déplacement à l'intérieur du pays de 243.000 autres, selon l'ONU. Saisi par le Conseil de sécurité des Nations unies le 26 février, soit deux semaines seulement après l'éclatement de la révolte en Libye, le procureur avait ouvert son enquête le 3 mars.

Le précédent Omar el-Béchir

Il accuse Mouammar Kadhafi d'avoir personnellement ordonné des attaques contre des manifestants et des dissidents présumés. Son fils Seif Al-Islam, «Premier ministre de facto», a, selon lui, notamment organisé le recrutement de mercenaires. Abdallah Al-Sanoussi, beau-frère et «bras droit» du colonel Kadhafi, a organisé des attaques lancées contre des manifestants, selon Luis Moreno-Ocampo.

Les juges de la CPI peuvent décider de lancer des mandats d'arrêt, de rejeter la requête du procureur ou de lui demander des informations supplémentaires. Si les juges accèdent à la requête de Luis Moreno-Ocampo, Mouammar Kadhafi sera le deuxième chef d'Etat à faire l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI, après le président soudanais Omar el-Béchir, recherché pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour.