Libye: L'Otan rappelle l’Italie à l’ordre après son appel au cessez-le-feu

Reuters

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Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l'Otan, exprime son désaccord avec l'appel au cessez-le-feu en Libye lancé par l'Italie et réaffirme la nécessité de mener l'opération jusqu'au bout, dans un entretien publié ce jeudi par Le Figaro.

Les propos tenus mercredi par Franco Frattini, chef de la diplomatie italienne, ont exposé au grand jour les divergences des Etats membres de l'Alliance impliqués militairement dans une mission qui tarde à porter ses fruits.

«Nous irons jusqu’au bout»

Prié de dire s'il faut revoir la nature de la mission de l'Otan, l'ancien chef du gouvernement danois répond par la négative. «Non, tout au contraire. Nous continuons. Nous irons jusqu'au bout. La mission vient d'être prolongée de trois mois et les alliés se sont engagés à fournir l'effort nécessaire pour une opération soutenue.» 

«Nous prendrons le temps qu'il faudra jusqu'à ce que l'objectif militaire soit atteint: arrêt total des attaques contre les civils libyens, retour des forces armées dans leurs casernes et liberté d'acheminement de l'aide humanitaire.»

«Nous avons évité un massacre»

L'appel de Franco Frattini, que le ministère italien des Affaires étrangères a par la suite nuancé, a suscité une vive réaction à Paris et à Londres, où on juge au contraire nécessaire d'accentuer la pression militaire jusqu'au départ de Mouammar Kadhafi.

«Nous savions qu'il disposait de moyens militaires et financiers importants. Nous avons évité un massacre et brisé sa machine de guerre. L'Otan a endommagé ou détruit 2.400 cibles militaires. Aujourd'hui, nous voyons les troupes de l'opposition passer à l'offensive. Je suis satisfait du progrès accompli», poursuit Anders Fogh Rasmussen dans les colonnes du Figaro.