L'artiste et dissident chinois Ai Weiwei «heureux d'être libre»

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L'artiste dissident chinois Ai Weiwei a déclaré ce jeudi à l'AFP être «heureux d'être libre», mais ne pas pouvoir donner d'informations à la presse sur les conditions de sa libération surprise intervenue mercredi soir après plus de deux mois et demi de détention.

«Je vais bien. Je suis très heureux d'être libre et d'être de retour dans ma famille», a déclaré au téléphone l'artiste âgé de 54 ans, dont la détention début avril a déclenché une vague d'indignation dans les pays occidentaux.

«Je ne peux pas accorder d'interview»

«Je suis libre sous caution, je ne peux donc donner aucune information. Je ne peux pas accorder d'interview», a encore dit Ai Weiwei au cours de ce bref entretien.

L'agence Chine nouvelle avait rapporté mercredi soir qu'il avait été libéré «en raison de sa bonne attitude (car) il a confessé ses crimes et également en raison d'une maladie chronique dont il souffre». Ai Weiwei est diabétique.

«Selon le code pénal, les auteurs d'évasion fiscale peuvent être punis par une amende, et n'ont pas de responsabilité pénale. Mais le problème, c'est qu'il y a aussi le chef d'accusation de destruction intentionnelle de preuves comptables», a expliqué sur Twitter Liu Xiaoyuan, l'avocat d'Ai Weiwei.

Deux posters «Je t'aime Ai Weiwei»

Aucun chef d'inculpation n'a pour l'instant été rendu public contre l'artiste, fils du célèbre écrivain Ai Qing, qui a participé à la conception du «nid d'oiseau», le stade des jeux Olympiques de Pékin en 2008, et s'est souvent heurté au pouvoir chinois en le critiquant ouvertement ou en défendant des causes humanitaires.

En fin de matinée, l'artiste a indiqué, de nouveau par téléphone à l'AFP, être sorti du grand complexe où se trouve son studio à Caochangdi, avec des membres de sa famille. Des dizaines de journalistes étrangers avaient afflué autour du complexe, situé dans ce quartier d'artistes du nord de Pékin, qui comporte plusieurs sorties. Aucune présence policière n'était visible.

Deux hommes se présentant comme des artistes chinois le connaissant sont arrivés et ont affiché deux posters sur la porte du complexe artistique, disant «Je t'aime Ai Weiwei» en anglais, et l'autre la même chose en chinois. Ils ont ensuite disparu rapidement.