Le feu Athénien ne s'éteint pas

Envoyé spécial à Athènes,Corentin Chauvel

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La manifestation devant le Parlement grec, mardi à Athènes, a fini par dégénérer dans la nuit.
La manifestation devant le Parlement grec, mardi à Athènes, a fini par dégénérer dans la nuit. — KYODOWC / NEWSCOM / SIPA

Comme le craignaient la plupart des « indignés » grecs de la place Syntagma, à Athènes, la relative quiétude de leur rassemblement devant le Parlement grec, mardi soir, a été rompue en fin de mobilisation par l'intervention musclée des forces de l'ordre. Pourtant, l'ambiance avait été bon enfant jusque-là, le mouvement rassemblant, dès 19 h, plusieurs milliers de personnes devant l'ancien palais royal. « Je ressens quelque chose de spécial ce soir, c'est la première fois que je vois autant de gens différents dans une manifestation », a témoigné Giorgos, 42 ans.

« Voleurs, voleurs ! »
Vers minuit, la tension est montée à l'approche du vote de confiance du gouvernement effectué par les députés. Et c'est aux cris de « voleurs, voleurs ! » que le très prévisible verdict a été accueilli vers 1 h du matin : la confiance a été votée.
Une heure plus tard, le face-à-face pacifique entre manifestants et forces de l'ordre a fini par dégénérer avec l'envoi de projectiles sur l'épais cordon policier. « C'était prévu », a déploré Marianna, une enseignante. Les affrontements ont alors débuté entre des dizaines de manifestants et les forces de l'ordre qui ont chargé et utilisé des gaz lacrymogènes. La dispersion a mené la plupart des protestataires, masque à oxygène ou gel de protection sur la figure, au cœur de la grande place athénienne qui a fini par être encerclée.
Malgré les appels au calme, des jeunes protestataires ont mis le feu à des poubelles et placé des conteneurs sur la voie publique, provoquant une nouvelle intervention de la police. Les pressions successives des forces de l'ordre ont ainsi entraîné des mouvements de foule pendant près d'une heure. Vers 3 h, la police a fini par regagner l'entrée du Parlement, snobée par une vingtaine d'« indignés » s'offrant une session de sirtaki devant elle.

Et maintenant... le plan d'austérité

Le vote de la confiance au Parlement grec (par 155 voix pour, 143 contre, deux abstentions) dans la nuit de mardi à mercredi ouvre la voie à l'adoption d'un plan d'austérité, condition sine qua non pour obtenir l'aide financière du FMI et de l'Union européenne.