Grèce: Les «chiens révolutionnaires», icônes des manifestations

INSOLITE Kanellos et Loukanikos, deux chiens de couleur dorée, ont été repérés au côté des manifestants lors de la majorité des rassemblements à Athènes depuis 2008...

Bérénice Dubuc

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Un chien pris dans les gaz lacrymogène au côté de manifestants grecs lors de protestations à Athènes, le 2 février 2008.
Un chien pris dans les gaz lacrymogène au côté de manifestants grecs lors de protestations à Athènes, le 2 février 2008. — PETROS GIANNAKOURIS/AP/SIPA

En Grèce, il n’y a pas que la population qui manifeste contre l’austérité. Les chiens aussi. Deux en particulier: Kanellos et Loukanikos (également connu sous les noms Louk ou Thodoris). Ces chiens de couleur dorée, apparemment errants mais arborant un collier bleu, ont été repérés au côté des manifestants lors de la majorité des rassemblements à Athènes depuis 2008. Leur présence a été immortalisée à de nombreuses reprises par les manifestants et les photographes de presse, et ils sont devenus les mascottes du mouvement de contestation.

Selon certains, il s’agirait du même chien. Selon d’autres, il y en a bien deux. Kanellos (cannelle, en grec) est devenu le premier «chien révolutionnaire» grec en 2008, lors des violentes protestations de jeunes après la mort d'un adolescent de 15 ans, Alexandros Grigoropoulos, tué par balle par un agent de police, à Athènes. Le canidé est mort la même année, probablement de vieillesse. Les étudiants auraient même récolté des fonds avant sa mort pour lui acheter une chaise roulante, le chien étant semble-t-il paralysé du train arrière du fait d’une arthrite sévère.

Le chien qui aboie contre la police anti-émeute

Mais, après la mort de Kanellos, un autre chien, peut-être l’un de ses petits étant donné la ressemblance entre les deux animaux, a à son tour pris place au côté des manifestants. Et, dès le mois de mai dernier, Loukanikos (saucisse, en grec) a été vu dans les manifestations, sachant parfaitement bien de quel côté se placer: il esquive les bombes de gaz lacrymogènes et les flammes, et n’hésite pas à grogner et aboyer contre la police anti-émeute.

Tant et si bien qu’il a ses propres pages Wikipédia et Facebook, ainsi que des blogs qui lui sont dédiés, où les internautes postent encouragements et vidéos d’hommage.

>> Regardez un montage des différentes photos où apparaissent les «chiens révolutionnaires»: