Syrie: L'armée lance une opération à Jisr el-Choughour «à l'appel des habitants»

CRISE Le Premier ministre turc lui, accuse le régime syrien de commettre des «atrocités»...

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L'armée syrienne a lancé ce vendredi une opération dans le secteur de Jisr el-Choughour, théâtre de violences depuis près d'une semaine, a annoncé la télévision syrienne accusant des «groupes armés» d'avoir «commis des atrocités».

«Des unités de l'armée ont commencé leur mission pour contrôler les villages voisins de la ville Jisr el-Choughour et arrêter les groupes armés», a annoncé la télévision, précisant que l'opération était menée «à l'appel des habitants». La plupart des habitants de cette localité située dans le gouvernorat d'Idleb (300 km au nord de Damas) ont cependant fui la ville cette semaine, qui était «déserte» mercredi, après des opérations de ratissage entamées le 4 juin, selon des militants des droits de l'Homme.

«L'intervention de l'armée», «une nécessité urgente»

«Les groupes armés ont terrorisé les habitants et commis des atrocités. Ils ont mis le feu à des récoltes agricoles et à des taillis dans les régions entourant la ville», a affirmé la télévision, montrant des habitants appelant à «l'intervention de l'armée» devenue, selon eux, «une nécessité urgente».

La télévision publique a aussi accusé les membres de ces groupes armés «d'avoir mis des uniformes militaires et de s'être fait photographier avant l'entrée de l'armée syrienne afin d'envoyer ces images aux chaînes de télévisions (satellitaires), lesquelles sont devenues un instrument dans la campagne tendancieuse menée contre la Syrie».

Différentes versions

Lundi, les autorités syriennes avaient affirmé que 120 policiers avaient été tués à Jisr el-Choughour par des «groupes armés», mais les militants des droits de l'Homme et différents témoins ont démenti cette version, certains affirmant que les policiers avaient été tués lors d'une mutinerie au QG de la Sécurité. Dimanche, 35 personnes - 27 civils et 8 agents des forces de l'ordre - avaient été tuées dans la ville et ses environs, selon le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, Rami Abdel-Rahmane.

Beaucoup d'habitants de cette région frontalière de la Turquie ont trouvé refuge de l'autre côté de la frontière. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan a accusé le régime syrien de commettre des «atrocités», a rapporté vendredi l'agence turque Anatolie. «J'ai parlé à Bachar al-Assad il y a quatre ou cinq jours... Mais ils (les Syriens) sous-estiment la situation... Et malheureusement, ils ne se comportent pas humainement», a déclaré M. Erdogan dans une interview télévisée jeudi soir, selon Anatolie.Dans ce contexte, la Turquie ne peut pas défendre la Syrie, a-t-il déclaré.

De son côté, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger, a demandé à Damas un «accès immédiat» aux zones touchées par la violence, se disant prêt à se rendre personnellement en Syrie pour rencontrer les autorités.