Les «indignés» espagnols vont abandonner la Plaza del sol, mais pas la lutte

ESPAGNE Les manifestants, qui occupent depuis le 15 mai dernier la place madrilène, ont décidé de quitter leur campement dimanche. Sans mettre pour autant un point final à leur contestation...

Céline Masfrand.

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Manifestation dans la nuit du 21 au 22 mai 2011, à Madrid, en Espagne, pour dénoncer la cure d'austérité gouvernementale. Les Espagnols sont appelés aux urnes le 22 mai 2011 pour des élections locales.
Manifestation dans la nuit du 21 au 22 mai 2011, à Madrid, en Espagne, pour dénoncer la cure d'austérité gouvernementale. Les Espagnols sont appelés aux urnes le 22 mai 2011 pour des élections locales. — Emilio Morenatti/AP/SIPA

Des tentes, des poings levés et la volonté de faire entendre leur voix. Depuis le 15 mai, la Plaza del Sol, place emblématique madrilène, s’était transformée en campement de fortune pour ceux qui s’étaient auto-baptisé les «indignados» - indignés par le gouvernement de Zapatero. Mais mardi, les manifestants ont décidé de mettre les voiles.

«Privés de perspectives d’avenir»

Leur combat initial? Protester contre la «mauvaise» guestion de la crise, la corruption, les abus du capitalisme et  le chômage, qui touche près de 20,7% de la population active espagnole en avril 2011.

 Ce taux, qui bat son plein depuis l’arrivée de la crise, touche quasiment la moitié des moins de 25 ans. La plupart d’entre eux se considèrent d’ailleurs comme «privés de perspectives d’avenir», confie Juan, étudiant en journalisme à l’Université Pontificale de Salamanque et ex-manifestant.

Consensus trouvé

Des jours et des jours de débat entre les indignés et l’Assemblée générale, dont une rencontre de quatre  heures mardi, ont été nécessaires pour trouver un terrain d’entente. Les indignés ont tenté d’imposer leurs conditions de démantèlement: le retrait des accusations portées contre les manifestants du 15 et du 17 mai, la démission de Felip Puig, conseiller du ministre de l’Intérieur catalan, et le droit  d’organiser un dernier rassemblement «d’adieu» dimanche, détaille ce mercredi le quotidien national espagnol El Mundo. Ils n’ont réussi à obtenir gain de cause que pour leur dernière requête.

De plusieurs dizaines de milliers à 10…

De tous âges et de tous milieux, le «réveil espagnol» avait attiré au total plusieurs dizaines de milliers de personnes. Néanmoins, ces dernières semaines le mouvement avait perdu de la vitesse et les indignés se sont fait moins nombreux. Seules quelques dizaines de manifestants continuaient d’assurer les permanences nocturnes. En cause: des problèmes logistiques au niveau de la gestion de la sécurité et de la propreté du campement, qui avaient déjà poussé les indignés à quitter une partie de la Plaza del sol.

Le mouvement évolue

Bien décidés à quitter la Plaza del sol, les manifestants n’ont pas pour autant l’intention de laisser s’éteindre leur mouvement: « Notre révolution ne disparaît pas, elle évolue juste vers une nouvelle approche», soulignait sur Twitter l’un des porte-parole du mouvement. «La lutte ne peut pas s’arrêter là. Les actions des indignés seront plus ponctuelles mais nous souhaitons qu’elles soient inscrites dans la durée», précise le jeune militant.

Plusieurs manifestations sont déjà prévues le 11 juin, date clé du jour de l’investiture des maires élus le 22 mai dernier, et le 19 juin prochains.