Affaire DSK: Grâce à Nafissatou Diallo, «beaucoup de femmes savent désormais qu'elles n'ont pas à avoir peur de parler»

ENTRETIEN Aïssata Bocum est femme de chambre à l'hôtel New Yorker de New York...

Propos recueillis par Laure Guilbault

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Aïssata Bocum, femme de chambre à l'hôtel New Yorker, le 6 juin 2011 devant le tribunal de New York.
Aïssata Bocum, femme de chambre à l'hôtel New Yorker, le 6 juin 2011 devant le tribunal de New York. — L.GUILBAULT / 20 MINUTES

Parmi les femmes de chambre à avoir manifesté ce lundi matin devant le tribunal de New York, il y avait Aïssata Bocum, femme de chambre à l'hôtel New Yorker, un hôtel haut-de-gamme de midtown Manhattan. Elle est aussi déléguée syndicale.

Connaissez-vous la victime?
Je ne la connais pas personnellement.  Mais je suis très attristée. Je suis originaire du Mali (un pays voisin de la Guinée, d’où est originaire la victime).

Si vous pouviez lui parler, que lui diriez-vous?
Je lui dirais qu’elle a fait la bonne chose. Grâce à elle, beaucoup de femmes savent désormais qu’elles n’ont pas à avoir peur de parler. Elles doivent s’élever si quelque chose arrive et faire que ces bad guys cessent ce qu’ils font.

Constatez-vous une différence depuis ces deux affaires? Les clients sont-ils plus respectueux?
Oui! Les clients qui auraient de mauvaises intentions réfléchissent à deux fois avant d’agir.

Deux hôtels de New York ont annoncé qu’ils allaient mettre en place un système permettant d’alerter la sécurité en cas d'agression.  Que pensez-vous de ce système?
Le bouton d’alarme est une très bonne chose. Dans mon hôtel, le management n’a pas encore pris de mesure. Si nous avions le bouton d’alarme, ça aiderait beaucoup.  Si je vois quoique ce soit de suspect, je presse le bouton. Vous êtes toujours seule dans votre quand vous faites une chambre!