Turquie: Haro sur The Economist dans la classe politique turque

Avec Reuters

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La classe politique turque a condamné en termes vifs l'hebdomadaire The Economist qui a invité les électeurs à voter pour l'opposition aux législatives de dimanche en reprochant à l'actuel Premier ministre, Recep Tayyip Erodgan, ses tendances autoritaires.

L'éditorial de cet influent hebdomadaire prisé des élites occidentales est intitulé: «La meilleure façon pour les Turcs de promouvoir la démocratie serait de voter contre le parti au pouvoir». Grâce, en grande partie, à une économie florissante et à la personnalité du Premier ministre issu de ses rangs, le Parti de la justice et du développement (AKP, héritier de la mouvance islamiste), est en passe de remporter confortablement le scrutin législatif du 12 juin. Mais pour The Economist, accorder un troisième mandat consécutif au Premier ministre risquerait de renforcer ses tendances autoritaires. «La véritable inquiétude par rapport au régime sans entrave de l'AKP concerne la démocratie, pas la religion», écrit-il.

L'intéressé voit dans cet éditorial une illustration de l'influence d'Israël. «Les médias internationaux, parce qu'ils ont le soutien d'Israël, n'apprécieraient que moyennement un maintien en place du gouvernement AKP», a réagi le Premier ministre, cité ce week-end par l'agence de presse Anatolie. Son ministre des Affaires européennes, Egemen Bagis, chargé des négociations sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, exige des excuses. «L'Economist, pour pouvoir se racheter, devrait présenter des excuses à la nation turque», écrit-il dans un bulletin.