Pérou: Le candidat de gauche, Humala, revendique la victoire à la présidentielle

Reuters

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Le candidat de gauche Ollanta Humala a revendiqué dimanche soir la victoire à l'élection présidentielle au Pérou, à l'issue d'une longue soirée d'incertitude. Des résultats partiels portant sur les quatre cinquièmes des bulletins attribuent 50,7% des voix à Humala contre 49,3% pour son adversaire de droite Keiko Fujimori. L'avance de Humala devrait encore grandir, les derniers bulletins dépouillés étant, selon la commission électorale, ceux des zones rurales favorables au candidat de gauche. Les sondages réalisés à la sortie des urnes attribuaient près de 53% des voix à Humala.

«Les résultats de l'élection, les décomptes partiels comme les informations données par la commission électorales, indiquent que nous avons gagné», a dit Humala devant ses partisans dans un hôtel de Lima. «Nous pouvons construire un Pérou plus juste pour tous.» Ses propos ont provoqué une explosion de joie parmi ses partisans, qui ont agité les drapeaux péruviens et des banderoles aux couleurs de l'arc-en-ciel, celles de la cause indigène.

«Mes patrons ne pourront plus m'exploiter»

Keiko Fujimori, fille de l'ancien président Alberto Fujimori, condamné à 25 ans de prison pour corruption et recours à la violence contre les militants de gauche, était la favorite des milieux d'affaires. Humala, ancien officier, avait lui tenté de déposer le père de sa rivale et a modéré son discours depuis sa courte défaite dans le scrutin de 2006.

«Pour Ollanta, il n'y a ni riche ni pauvre, ni vieux ni jeunes - nous sommes tous égaux», a dit Dominque Pedrex, une caissière de 30 ans qui travaille dans un quartier chic de Lima. «Mes patrons ne pourront plus m'exploiter 12 heures par jour. J'aurai droit à la justice, et même les plus pauvres que moi y auront droit», a-t-il affirmé. Une victoire de Humala fragiliserait probablement les indices boursiers et la devise nationale.

L'ancien officier âgé de 48 ans, qui a troqué l'uniforme costume-cravate et les armes pour un chapelet, s'efforce d'adopter le style conciliant de l'ancien président brésilien Luis Inacio «Lula» da Silva. Ses détracteurs, qui le soupçonnent de ne pas avoir renoncé à l'idéologie marxiste de son père, lui prêtent l'intention de nationaliser et de réformer la Constitution pour multiplier les mandats, à l'image de son ex-mentor vénézuélien Hugo Chavez.