Vers un gouvernementde coalition de droite

Acacio Pereira (avec Reuters)

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Pedro Passos Coelho, leader du PSD (centre-droit), hier.
Pedro Passos Coelho, leader du PSD (centre-droit), hier. — p. duarte / ap / sipa

Le Parti social-démocrate (PSD) est sorti vainqueur hier des élections législatives organisées au Portugal, mettant fin à une période d'instabilité politique provoquée par la démission du gouvernement socialiste minoritaire dirigé par José Socrates. Avec un score estimé entre 37 % et 42,5 % des voix, le PSD, parti de centre-droit dirigé par Pedro Passos Coelho, devance largement le Parti socialiste, qui est crédité de 24,4 % à 30 % des suffrages, selon les premières estimations sortie des urnes hier soir.
Ce résultat ne permet pas au PSD de gouverner seul. Il devrait donc s'allier au CDS-PP, petit parti de droite, avec lequel il a déjà mené une coalition de gouvernement. Selon les premières estimations, ce parti aurait obtenu entre 10 % et 14,1 % des voix. « C'est l'option la plus claire, jugeait avant l'ouverture du scrutin Antonio Barroso, analyste au cabinet de géopolitique Eurasia. Les deux partis sont clairement engagés en faveur de la mise en œuvre des conditions du plan de sauvetage et devraient facilement s'entendre sur un programme économique commun. » C'est en effet cette coalition qui devra appliquer les mesures d'austérité acceptées par le pays dans le cadre du plan d'aide de 78 milliards d'euros proposé par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).
Le plan de sauvetage est assorti de conditions sévères – hausse des impôts, fortes réductions des dépenses publiques –, et l'économie portugaise devrait en conséquence se contracter cette année et en 2012, réduisant d'autant les recettes prévisibles du prochain gouvernement. Malgré un taux de chômage à 12,4 %, le pays n'a pas connu de mouvements sociaux comme en Grèce ou en Espagne, mais les Portugais pourraient descendre dans la rue si la récession se prolongeait et s'aggravait.