Blessé,Le président a quitté le pays

faustine Vincent

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Des milliers d'opposants ont fêté l'évacuation du président Saleh, hier à Sanaa.
Des milliers d'opposants ont fêté l'évacuation du président Saleh, hier à Sanaa. — H. MOHAMMED / AP / SIPA

Touché par un tir de roquette sur le palais présidentiel vendredi à Sanaa, le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, a été opéré hier dans un hôpital militaire saoudien. Selon la BBC, il aurait un éclat d'obus de 7,6 cm sous la région du cœur et serait brûlé au second degré au thorax et au visage. Son évacuation samedi soir a provoqué des scènes de liesse dans la capitale yéménite. Beaucoup espèrent qu'il ne reviendra pas, malgré le démenti d'un membre du parti au pouvoir qui a annoncé son retour « dans quelques jours ». L'absence du président, qui pose des questions sur son avenir après plus de trente-deux ans de pouvoir, ne signifie pas pour autant la fin des troubles.

Stratégie du chaos
Isolé, le président a opté pour la stratégie du chaos. Deux personnes sont mortes et quinze autres ont été blessées hier dans la capitale lors d'une attaque contre une installation utilisée par le général Ali Mohsen, un ancien allié de Saleh passé dans l'opposition. Des échanges de tirs ont aussi été signalés dans le quartier de Hassaba, principal théâtre des affrontements entre les forces loyalistes et les combattants de la confédération tribale des Hached, dirigée par le cheikh Sadek al-Ahmar. Le vice-président Abd-Rabbou Mansour Hadi, qui assume l'intérim de Saleh, a demandé hier soir à ce dernier d'observer une trêve. La confédération tribale des Hached a accepté de la respecter pendant une journée, selon l'opposition. Ahmar et Mohsen sont les deux rivaux potentiels deSaleh. Des responsables du régime leur ont attribué tour à tour l'attaque contre le palais présidentiel. Mais le site Internet de l'armée yéménite l'a imputée hier à Al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa). Depuis le début des manifestations, il y a quatre mois, l les heurts entre forces loyalistes et tribales ont fait plus de 400 morts, dont la moitié ces dernières semaines. Le refus de Saleh de signer le plan de sortie de crise proposé par les pays du Golfe a plongé le pays au bord de la guerre civile.