Des Palestiniens portent un manifestant blessé à la frontière israélo-syrienne, sur les hauteurs du Golan (dimanche 5 juin 2011)
Des Palestiniens portent un manifestant blessé à la frontière israélo-syrienne, sur les hauteurs du Golan (dimanche 5 juin 2011) — REUTERS/Ronen Zvulun

GUERRE

Dix-huit Palestiniens tués par Tsahal sur le Golan

Des centaines de Palestiniens ont tenté de pénétrer dimanche, pour le 44e anniversaire de la guerre des Six-Jours, sur la partie du Golan conquise en 1967 par Israël...

Des soldats israéliens ont ouvert le feu dimanche sur des centaines de Palestiniens qui tentaient de pénétrer sur la partie du Golan conquise en 1967 par Israël, faisant 18 morts et plus 200 blessés, selon un dernier bilan de l'agence de presse officielle syrienne.

Selon la radio israélienne, un grand nombre de Palestiniens ont été victimes d'une mine antichar dont l'explosion a été déclenchée par un feu de broussaille à Kouneïtra, la principale ville du Golan, un des lieux de rassemblement des protestataires.

«Quiconque essaiera de franchir cette frontière sera tué», ont prévenu par haut-parleurs les militaires israéliens déployés face à la foule des Palestiniens qui entendaient marquer le 44e anniversaire du début de la guerre des Six-Jours.

Le 15 mai dernier, à l'occasion de la commémoration de la Nakba (la «grande catastrophe», aux yeux des Palestiniens, de la proclamation d'un Etat juif), des milliers de personnes avaient déjà tenté de forcer la ligne de démarcation à cet endroit, aux confins de la Syrie, du Liban et d'Israël. Treize d'entre eux avaient été tués par les militaires israéliens.

Rassemblés à nouveau à la suite d'un mot d'ordre diffusé sur le réseau social Facebook, les Palestiniens agitant des drapeaux nationaux ont déferlé d'une colline surplombant le village druze de Majdal Chams pour se diriger vers les barbelés matérialisant le non man's land de la ligne de démarcation.

«Tirs au pigeon»

C'est à ce moment que des tireurs d'élite israéliens positionnés en retrait ont ouvert le feu, a constaté un correspondant de Reuters, tandis qu'une chaîne de télévision israélienne, Channel 10, transmettait les incidents en direct. «C'était comme un tir aux pigeons», a raconté Fouad all Chaar, un agriculteur du village.

Le général Yoav Mordechaï, porte-parole de Tsahal, n'a pas été en mesure de confirmer le bilan avancé par la télévision syrienne mais a ajouté que, s'il était exact, l'action de Tsahal était «mesurée, ciblée et appropriée». «A mon grand regret, des extrémistes cherchent à franchir nos frontières et menacent nos villes et nos compatriotes. Nous ne le tolérerons pas», a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahou lors du conseil des ministres hebdomadaire.

Aucun incident n'a été signalé le long de la frontière avec le Liban. En Cisjordanie, une centaine de manifestants ont marché en direction d'un point de contrôle israélien. Les soldats ont tiré des cartouches de gaz lacrymogène et la foule s'est dispersée. De source médicale palestinienne, on fait état de 14 protestataires blessés par des balles de caoutchouc.

Les responsables israéliens estiment que le président syrien Bachar al-Assad a donné son feu vert aux marcheurs du Golan afin de détourner l'attention internationale de la répression sanglante des manifestations qui ébranlent son régime autoritaire depuis la mi-mars.

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