Les «indignés» de Madrid décident de leur avenir ce dimanche

CRISE Ils doivent doivent décider de lever ou non leur campement de la Puerta del Sol à Madrid, symbole du mouvement...

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Des manifestants, surnommés les «Indignados», occupent la Puerta del Sol, à Madrid, le 22 mai 2011.
Des manifestants, surnommés les «Indignados», occupent la Puerta del Sol, à Madrid, le 22 mai 2011. — P.HANNA / REUTERS

Les manifestants qui participent à une fronde sociale inédite en Espagne doivent décider ce dimanche de lever ou non leur campement de la Puerta del Sol à Madrid, symbole de ce mouvement alternatif soutenu par l'opinion mais menacé d'asphyxie. Depuis vendredi, les représentants des «acampados», les manifestants qui campent sur les places de toute l'Espagne pour protester contre les retombées de la crise et «l'inaction» des politiques, se sont relayés sur la place de la Puerta del Sol pour témoigner des actions menées dans leurs communes.

Les manifestants doivent ensuite se prononcer en assemblée générale sur le sort du campement et les actions futures, dans le but «d'étendre le mouvement aux quartiers, aux villages, aux villes et à tous les citoyens», expliquait un porte-parole, Paco Andres. Le mouvement des «indignés», témoin du malaise de millions d'Espagnols étranglés par le chômage (21,29% des actifs) et la précarité sociale, continue à bénéficier d'un large soutien trois semaines après son apparition le 15 mai.

Les manifestants «ont raison» pour 81% des Espagnols

66% de la population affirme éprouver de la «sympathie» contre 21% qui exprime son «rejet», selon un sondage publié dimanche par El Pais. 81% estime même que les manifestants «ont raison» sur le fond. «L'idée est d'organiser le 19 juin des manifestations qui convergeraient des villages vers chaque grande ville» du pays, a ajouté le porte-parole. Mais le maintien, chaque jour plus problématique, du village de tentes et de bâches qui défigure la Puerta del Sol, en plein centre touristique et commerçant de Madrid, menace d'effriter le soutien populaire.

Les manifestants qui font fonctionner nuit et jour le campement reconnaissant que les problèmes sanitaires et de sécurité, notamment la présence de groupes de sans-abri qui ont installé leurs tentes à proximité, risquent de «faire du tort au mouvement». «Le campement demande beaucoup de travail. Il devrait être énormément réduit. C'est l'opinion de la plupart de ceux qui travaillent ici», expliquait un représentant du mouvement. Mais, ajoutait-il, pour l'assemblée générale, à laquelle participent des centaines ou des milliers de sympathisants venus de l'extérieur, «le campement est comme un symbole, ils ont peur qui s'il disparaît, tout se termine».