Yémen: L'attaque du palais présidentiel fait 7 morts, le président Saleh blessé

MONDE Il s'est adressé à la nation...

C.C. avec Reuters

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Manifestation pour le départ du président Saleh, le 3 juin 2011, à Sanaa (Yémen).
Manifestation pour le départ du président Saleh, le 3 juin 2011, à Sanaa (Yémen). — A.AWAD / REUTERS

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, qui fait face à une contestation sans précédent du pouvoir qu'il occupe depuis près de 33 ans à Sanaa, a été blessé ce vendredi avec plusieurs autres responsables dans le bombardement de son palais, a indiqué une source diplomatique.

Saleh est soigné dans un hôpital militaire après avoir été blessé par des tirs d'artillerie qui ont frappé son palais de Sanaa, rapporte ce vendredi soir la chaîne de télévision Al Arabiya qui cite un responsable de son parti.

Saleh intervient à la télévision nationale

Selon le vice-ministre de l'Information Abdou al Djanadi, Saleh n'a été que légèrement blessé par les tirs. «Son Excellence le président est en bonne santé mais a annulé une conférence de presse en raison d'égratignures. Il s'en remettra, si Dieu le veut. Sa santé n'est pas affectée», a-t-il ajouté. Il a ajouté qu'il se remettrait rapidement de ses blessures. Une télévision yéménite d'opposition, Souhaïl, avait rapporté un peu plus tôt la mort du président.

Ali Abdallah Saleh a ainsi pu intervenir ce vendredi soir sur les ondes de la télévision nationale, annonçant que sept personnes avaient trouvé la mort dans l'opération. Dans ce discours dont seul le son a été diffusé, Saleh a imputé l'attaque à la fédération tribale des Hached, dirigée par Sadek al Ahmar, qui affronte les forces présidentielles dans Sanaa, mais celui-ci a démenti catégoriquement que ses hommes soient responsables des tirs. Ahmar a dénoncé une manipulation de Saleh pour envenimer la situation.

Les forces loyalistes répliquent

«Je salue nos forces armées et nos forces de sécurité qui se sont tenues fermement pour faire face au défi lancé par cette bande hors-la-loi qui n'a rien à voir avec la soi-disant révolution de la jeunesse», a dit le président yéménite. Après le démenti d'Ahmar, les soupçons se portent sur un autre ancien allié du président, le général Ali Mohsen, qui a fait défection en avril et dont les troupes protègent à Sanaa les manifestations pacifiques de l'opposition.

Quoi qu'il en soit, les forces loyalistes ont répliqué au bombardement du palais en pilonnant les résidences des chefs tribaux du Hached, a-t-on appris de source proche des services de sécurité. Les affrontements entre miliciens tribaux et les troupes loyalistes cette semaine ont fait basculer le pays dans la guerre civile à Sanaa et dans d'autres régions du pays.

370 morts depuis le début des troubles

Le Premier ministre, son adjoint et le président du parlement ont également été blessés dans l'attaque, qui a touché la mosquée du palais. Trois membres de la garde présidentielle ont été tués par les obus, précise l'agence de presse officielle yéménite.

Dans la foulée des révolutions tunisienne et égyptienne qui ont abouti à la chute de Zine ben Ali et Hosni Moubarak, Saleh est la cible depuis le mois de janvier d'un mouvement de contestation sans précédent mais il s'accroche au pouvoir. Les affrontements ont fait 370 morts depuis le début des troubles.