Bactérie tueuse: Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'épidémie qui sévit en Europe

ÉPIDÉMIE 0Minutes» fait le point sur les données actuellement disponibles…

Catherine Fournier

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Une infirmière s'occupe d'un patient contaminé par forme virulente de la bactérie E. coli qui sévit actuellement en Europe, le 1er juin 2011 à la clinique universitaire de Hambourg-Eppendorf (UKE), en Allemagne.
Une infirmière s'occupe d'un patient contaminé par forme virulente de la bactérie E. coli qui sévit actuellement en Europe, le 1er juin 2011 à la clinique universitaire de Hambourg-Eppendorf (UKE), en Allemagne. — A. WARMUTH/AFP PHOTO

L’épidémie causée par un certain type d’Escherichia coli a fait à ce jour  18 morts, dont 17 en Allemagne, 1.733 personnes malades, dont trois cas probable aux Etats-Unis.

Où se situe l’épicentre de l’épidémie?

Dans la région de Hambourg, en Allemagne. En début de semaine, 115 cas confirmés de contamination et 82 syndromes hémolytique et urémique (SHU) avaient été dénombrés au Centre médical de l'Université de Schleswig-Holstein. Pour la seule ville de Hambourg, le bilan était de 488 contaminations et 94 SHU. Pour l’instant, tous les malades  habitent en Allemagne ou reviennent d'un séjour dans ce pays.

Que sait-on sur la bactérie tueuse?

Il s’agit d’une souche rare d’une bactérie Escherichia coli entéro-hémorragique (ECEH) O104-H4 appartenant à la famille des Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC). Mais là où les choses se compliquent encore, c’est qu’elle serait couplée à une autre souche d'E. coli, l'EAEC 55989, qui a été précédemment isolée en Afrique centrale. Selon les scientifiques de l'Institut du génome de Pékin, il s’agit donc d’un hybride, renfermant des gènes de deux bactéries E.coli différentes.

L’ingestion de cette bactérie provoque des hémorragies du système digestif et, dans les cas les plus graves, par des troubles rénaux (syndrome hémolytique et urémique, SHU). L'incubation est d'une dizaine de jours avant que la maladie ne se déclare, précisent les experts de la Commission.

Dans quels aliments la bactérie pourrait-elle se trouver?

Si les concombres espagnols semblent avoir été dédouanés par les autorités sanitaires allemandes, celles-ci recommandent toujours d’éviter de consommer ces cucurbitacées, quelle qu’en soit l’origine, ainsi que des tomates et des salades. Les crudités, particulièrement prisées en cette saison, sont donc dans le collimateur, puisque la bactérie ne survit pas à une cuisson d'environ deux minutes à 70 degrés. Les fruits et la viande, parfois consommée peu cuite voire crue, seraient toutefois aussi dans la ligne de mire des scientifiques.

Tout ce que l’on sait, c’est que le tube digestif des ruminants est le principal réservoir de cette bactérie. Comment s’est-elle ensuite retrouvée dans des aliments, a priori des légumes, consommés en Allemagne, c’est toute la question.

Pourquoi les concombres espagnols ont-ils été d’abord été accusés?

Parce que les premiers résultats des analyses effectuées à Hambourg sur des concombres espagnols avaient révélé la présence d’une souche d'E. coli sur ces légumes. Mais  il ne s'agissait pas de la souche O104-H4.

Quelle catégorie de population est principalement touchée?

Contrairement aux précédentes épidémies d’E. coli, qui touchent davantage les enfants, les femmes sont cette fois-ci plus touchées (71% des cas). L'une des raisons avancées est qu’elles consomment davantage de crudités, vecteurs potentiels de l’épidémie.