Les Etats-Unis condamnent l'assassinat d'un journaliste au Pakistan

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La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a condamné mardi l'assassinat d'un journaliste pakistanais qui avait disparu après avoir écrit un article sur les liens entre l'armée pakistanaise et Al-Qaida.

«Les Etats-Unis condamnent fermement l'enlèvement et l'assassinat du journaliste Syed Saleem Shahzad», écrit Hillary Clinton dans un communiqué.

«Mise en lumière des problèmes que l'extrémisme pose à la stabilité du Pakistan»

«Son travail sur les questions de terrorisme et de renseignement a mis en lumière les problèmes que l'extrémisme pose à la stabilité du Pakistan», estime-t-elle, ajoutant que Washington salue l'annonce de l'ouverture d'une enquête sur ce meurtre.

Shahzad, 40 ans, était correspondant pour l'agence de presse italienne Adnkronos (Aki) et responsable du bureau au Pakistan de Asia Times Online, site d'information basé à Hong Kong.

Son corps a été retrouvé mardi près de sa voiture à Sarai Alamgir, à quelque 150 km au sud-est de la capitale, et a été identifié par ses proches. Il avait disparu dimanche après avoir quitté son domicile d'Islamabad pour participer à une émission de télévision, où il n'est jamais arrivé.

Enquête sur l'enlèvement et le meurtre

Cette disparition était intervenue deux jours après la publication par Asia Times Online d'une enquête concluant que l'attaque de la semaine dernière contre une base aéronavale de Karachi, dans le sud du Pakistan, était une vengeance d'Al-Qaida pour l'arrestation d'officiers de Marine soupçonnés de liens avec Al-Qaida.

L'attaque de cette base, qui avait duré 17 heures du 22 au 23 mai, tuant dix militaires, avait été revendiquée par les talibans pakistanais pour venger la mort d'Oussama Ben Laden, tué le 2 mai par un commando américain.

Le journaliste s'était plaint de menaces de la part de l'agence de renseignements pakistanaise (ISI), a assuré Ali Dayan Hasan, de Human Rights Watch. Le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani a ordonné une enquête sur l'enlèvement et le meurtre, assurant que les coupables seraient «traduits en justice».

Les relations entre Islamabad et Washington se sont tendues après l'opération américaine qui a tué le 2 mai le chef d'Al-Qaïda dans la ville-garnison d'Abbottabad, au nord du Pakistan.