Colère britannique contre Guantanamo

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Washington a une nouvelle fois résisté cette semaine aux appels à fermer Guantanamo lancés par l'Onu et des capitales européennes, en affirmant que le centre de détention était indispensable dans la lutte contre le terrorisme.
Washington a une nouvelle fois résisté cette semaine aux appels à fermer Guantanamo lancés par l'Onu et des capitales européennes, en affirmant que le centre de détention était indispensable dans la lutte contre le terrorisme. — Shane T. McCoy AFP/Archives

Londres (Royaume-Uni), de notre correspondant

Une vague de colère contre Guantanamo déferle sur le Royaume-Uni. Un film en salle aujourd'hui raconte l'histoire des « 3 de Tipton », trois Britanniques d'origine pakistanaise qui ont été incarcérés plus de deux ans sur la base américaine à Cuba. The Road to Guantanamo alterne reconstitution des faits et interviews des trois hommes.

Le film, dirigé par Michael Winterbottom, a remporté l'Ours d'argent à Berlin. Il dénonce la torture exercée à Guantanamo : le silence forcé pendant des semaines ; le Coran souillé et jeté dans les toilettes ; les détenus attachés et pliés en quatre pendant des heures... Et l'absurdité des interrogatoires, qui rappelle les méthodes fascistes : « Etes-vous membre d'Al-Qaida ? Avez-vous combattu avec Ben Laden ? Vos amis nous disent que vous êtes membre d'Al-Qaida... » Début 2004, « les 3 de Tipton » ont été relâchés, sans jamais être passés devant un tribunal.

En fait, les critiques fusent de toute part contre Guantanamo. Peter Hain, ministre chargé de l'Irlande du Nord, souhaite que le camp ferme. Le très influent comité des Affaires étrangères du Parlement estime que le centre, en plus d'être illégal, est un obstacle à la lutte contre le terrorisme. Sans parler de la condamnation morale émise par l'archevêque Rowan Williams, leader de l'Eglise anglicane. Autant de voix qui espèrent que Blair haussera le ton, lui qui qualifie simplement Guantanamo d'« anomalie ».

Eric Albert