Les clandestins risquent leur vie sur la route des Canaries

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D'une filière à l'autre, les chemins de l'immigration clandestine africaine vers l'Europe sont sans fin. Repoussés des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla (nord du Maroc), dissuadés par le renforcement des contrôles hispano-marocains, les migrants tentent désormais de gagner l'Europe, via l'archipel espagnol des Canaries, à partir du littoral du Sahara occidental et de la Mauritanie.

Selon la police espagnole, plus de 10 000 Africains sont actuellement massés dans ces deux pays. « C'est une évaluation. Ils sont peut-être 15 000 ou 20 000, c'est très difficile à dénombrer », a expliqué hier le préfet des Canaries, José Segura. Et, selon le quotidien El Pais, au moins 45 groupes de passeurs se chargent du trafic d'émigrants vers les Canaries, pour 1 000 e par personne. Pourtant le périple est beaucoup plus dangereux, avec une traversée dont la distance est multipliée par dix, atteignant 1 000 km. « Entre novembre et aujourd'hui, plus de 1 200 personnes ont été tuées en mer en voulant atteindre les Canaries, estime Ahmedou Ould Haye, du Croissant-Rouge mauritanien. C'est un jeu de roulette russe. » C. L. (avec AFP)