Italie: Reprise du procès «Rubygate» pour Silvio Berlusconi

JUSTICE Le procès reprend alors que Silvio Berlusconi est affaibli par l'échec de son parti aux dernières élections locales...

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Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi discute avec ses partisans devant le palais de justice de Milan, Italie, le 11 avril 2011.
Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi discute avec ses partisans devant le palais de justice de Milan, Italie, le 11 avril 2011. — A. GAROFALO / REUTERS

Rude journée en perspective pour Silvio Berlusconi: affaibli par une cuisante défaite aux municipales, le chef du gouvernement italien va devoir ce mardi remobiliser ses troupes tout en affrontant la justice qui se penche à nouveau sur l'embarrassante affaire Ruby.

Dans ce procès, le Cavaliere, 74 ans, est poursuivi pour recours à la prostitution de mineure et abus de pouvoir.

Selon l'accusation, il aurait payé à une dizaine de reprises les prestations sexuelles de Karima El Mahroug, alias Ruby, entre février et mai 2010, alors qu'elle était mineure, un délit passible de trois ans de prison en Italie. Tous deux nient avoir eu des rapports sexuels.

Questions préliminaires évoquées

Il est également poursuivi pour avoir fait pression sur la police milanaise afin qu'elle libère Ruby, arrêtée pour vol. Il a expliqué par la suite être intervenu pour éviter un incident diplomatique, croyant que la jeune marocaine était la nièce de l'ex-président égyptien Hosni Moubarak.

Lors de l'audience, la défense de Berlusconi «soulèvera les questions préliminaires» de compétence du tribunal de Milan, a indiqué à l'AFP un membre du cabinet Ghedini-Longo.

D'abord une compétence territoriale, car les parties fines autour du magnat des télévisions sont censées avoir eu pour théâtre sa villa d'Arcore, dans la banlieue de la capitale économique et non à Milan même. Mais aussi compétence «fonctionnelle» pour l'abus de pouvoir -délit pour lequel il encourt douze ans de prison- puisque M. Berlusconi aurait agi en sa qualité de chef du gouvernement.

En tout état de cause, Silvio Berlusconi a déjà fait savoir qu'il ne se rendrait pas au tribunal mardi.

Echec aux élections

Il aura d'ailleurs fort à faire au lendemain du second tour des élections municipales qui lui ont infligé une cuisante défaite: son parti a perdu Milan, son fief électoral depuis 18 ans, et échoué à faire basculer Naples, remportée haut la main par le candidat de la gauche. La droite a aussi perdu Trieste, Cagliari, Novare...

Pour montrer qu'il tient solidement le gouvernail, il a convoqué un conseil des ministres dès son retour d'un sommet bilatéral à Bucarest à 10H00 GMT. Il a également convoqué une réunion de la présidence de son parti le PDL qu'il veut relancer avec des états généraux, des primaires et le choix d'un nouveau nom.

Une manière de rebondir alors que l'opposition voit dans le résultat des municipales les prémices de la fin du berlusconisme.