Arrestation de Mladic: Un gage de la Serbie vers l'Union européenne

MONDE L'arrestation du chef de guerre serbe devrait faciliter les démarches du pays pour intégrer l'UE...

Anne-Laëtitia Béraud

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Les drapeaux européens flottent devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles, le 11 août 2010.
Les drapeaux européens flottent devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles, le 11 août 2010. — BAUMGARTEN/VARIO IMAGES/SIPA

Le cas de Ratko Mladic, l’ancien chef militaire serbe en Bosnie, était l'un des principaux sujets de discorde entre la Serbie et la communauté internationale. Son arrestation et sa prochaine extradition vers le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) représentent une victoire pour le président serbe Boris Tadic. C’est aussi un gage vis-à-vis de l’Union européenne.

En effet, Bruxelles conditionne depuis de nombreuses années ses négociations avec la Serbie à l’arrestation des criminels serbes. Belgrade n’a jamais brillé par sa coopération avec le TPIY. Les fugitifs ont disposé durant des années de complicités au sein du régime.

Statut de candidat à l’intégration à l’UE

Néanmoins, les lignes évoluent lentement et de grands responsables serbes, comme Slobodan Milosevic, l’ancien président serbe, ou encore Radovan Karadzic, l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, ont été arrêtés et extradés vers la juridiction internationale de La Haye.

L’arrestation de Ratko Madlic, jeudi, dans un village du nord-est de la Serbie, est tombée à pic: Ce même jour arrivait à Belgrade la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. Elle y était venue réclamer, une nouvelle fois, la capture des anciens criminels de la guerre de l’ex-Yougoslavie.

Ouvrir les négociations pour une adhésion

Avec cette arrestation, la Serbie veut prouver qu’elle collabore pleinement avec le Tribunal pénal international de La Haye. Elle souhaite également faire tomber les derniers obstacles concernant son statut de candidat à l’intégration à l’Union européenne.

A la fin de l’année, la Serbie souhaite obtenir le statut de candidat à l’UE, ainsi qu’une date pour l’ouverture des négociations d’adhésion. Reste encore à mener des réformes sociales et économiques et effectuer une normalisation avec le Kosovo. Mais aujourd’hui, le dossier serbe s’améliore considérablement. Un futur européen est désormais à la portée de Belgrade.