Ratko Mladic arrêté par la police serbe

SERBIE Le président Boris Tadic a confirmé que le suspect interpellé est bien l'ancien dirigeant militaire des Serbes de Bosnie...

J. M. avec Reuters

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Ratko Mladic, chef militaire des Serbes de Bosnie, en 1994.
Ratko Mladic, chef militaire des Serbes de Bosnie, en 1994. — SHONE NESIC V./SIPA

Le boucher des Balkans est sous les verrous. Le président serbe Boris Tadic a confirmé ce jeudi que l'homme arrêté plus tôt par la police serbe est bien Ratko Mladic. L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie avait des papiers d'identité au nom de Milorad Komadic et a été dénoncé par un informateur anonyme, selon un responsable du ministère de l'Intérieur.

«Cet homme présente des ressemblances physiques avec Mladic. Nous analysons son ADN», avait indiqué plus tôt un responsable anonyme. Un proche de la famille Mladic avait confirmé l'information, de même que le directeur de la communication du gouvernement du président serbe Boris Tadic, qui avait affirmé à CBC News que l'homme arrêté était bien Ratko Mladic. «Nous avons toutes les raisons de croire qu'il s'agit bien de Ratko Mladic mais nous attendons confirmation», avait déclaré de son côté une porte-parole de la Commission européenne.

Extradition dans une semaine

Son extradition vers le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye pourrait prendre environ une semaine, a déclaré ce jeudi un procureur serbe chargé des crimes de guerre. «Il doit être interrogé par un juge d'instruction, on doit lui présenter son inculpation et il a le droit de faire appel de son décret d'extradition», a expliqué Bruno Vekaric.

L'ex-général est inculpé depuis 1995 par le TPIY de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.

Obstacle à l'adhésion de la Serbie à l'Union européenne

«Si c'est le cas, nous considérerons que la Serbie a saisi l'importance (...) de la réconciliation avec son histoire et son peuple et décidé qu'elle voulait concrètement avancer sur la voie de son intégration européenne», a ajouté la porte-parole de la Commission européenne. Cette arrestation est officialisée précisément le jour de la visite de Catherine Ashton, haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité‎ et vice-présidente de la Commission européenne.

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a inculpé l'ancien chef de l'armée bosno-serbe de génocide pour le massacre à l'été 1995 de 8.000 Bosniaques (Musulmans) à Srebrenica, dans l'est de la Bosnie, et pour le siège de Sarajevo (1992-95). En novembre, déjà, une personne avait été arrêtée et interrogée dans le cadre de cette même traque, qui aurait coûté au pays plus d'un milliard d'euros en manque à gagner, selon un magistrat serbe, la fuite de Ratko Mladic étant le principal obstacle aux négociations d'adhésion de la Serbie à l'Union européenne.