Nucléaire: La Suisse veut en sortir

Reuters

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Le gouvernement suisse, qui a revu sa politique énergétique à la lumière de la catastrophe de Fukushima, a renoncé ce mercredi à la construction de nouvelles centrales nucléaires, mais n'a pas l'intention de fermer prématurément celles qui sont en service.

Au mois de mars, le Conseil fédéral a suspendu le processus d'approbation de trois nouvelles centrales en attendant les résultats d'une enquête de sécurité et, le week-end dernier, 20.0000 personnes ont manifesté contre le nucléaire. La Suisse n'avait pas connu de telle manifestation depuis les années 1980.

Le Conseil fédéral table sur une durée de vie hypothétique de 50 ans. La centrale la plus ancienne devrait donc être mise hors service en 2019 et la plus récente en 2034, mais cette limite pourrait être allongée ou réduite suivant la situation, a expliqué Doris Leuthard, ministre de l'Energie.

Construction de nouvelles centrales à gaz

«Il était important pour le gouvernement de dire que nous mesurons le potentiel et de manifester clairement à l'économie, à la population, aux investisseurs potentiels que nous souhaitons ce changement et qu'il est possible», a poursuivi la ministre lors d'une conférence de presse.

Pour compenser la part du nucléaire, qui représente 39% de l'électricité consommée en Suisse, le Conseil fédéral va promouvoir les économies d'énergie tout en encourageant le développement de la filière hydraulique et des énergies renouvelables.

Il faudra aussi développer la production à base de combustible fossile par le couplage chaleur-force et la construction de centrales à gaz à cycle combiné, a précisé Doris Leuthard.

Berne n'a pas l'intention non plus de renoncer aux importations d'électricité. Elles restent nécessaires temporairement pour garantir la sécurité de l'approvisionnement, a-t-elle ajouté.

La sortie du nucléaire et la baisse de la consommation coâteront entre 0,4 et 0,7 point de croissance, a fait savoir le gouvernement, sans préciser le calendrier.