Espagne: Revers aux élections locales pour les socialistes

ÉLECTION e parti socialiste paie la politique menée par Zapatero...

Avec Reuters
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José Luis Zapatero, lors du dernier meeting de campagne avant les élections régionales, à Madrid, le 20 mai 2011.
José Luis Zapatero, lors du dernier meeting de campagne avant les élections régionales, à Madrid, le 20 mai 2011. — D. POZO / AFP

Sévère revers pour les socialistes espagnols. Le Parti populaire (PP) a devancé dimanche le Parti socialiste au pouvoir lors des élections municipales en Espagne, selon les résultats communiqués par le ministère de l'Intérieur après dépouillement de près d'un tiers des suffrages. L'opposition de droite est en tête avec 34,93% des voix tandis que les socialistes obtiennent 28,22%. Les Espagnols devaient également désigner le nouveau Parlement de 13 des 17 régions.

Ce résultat est loin d’être une surprise vu le contexte dans le pays.  Des dizaines de milliers de personnes protestent en effet depuis une semaine dans différentes villes contre des mesures d'austérité qui ont permis de repousser une crise fiscale mais en aggravant le taux de chômage le plus élevé de l'Union européenne.

 Les manifestations sont interdites en Espagne les veilles et jours d'élections, mais le gouvernement, craignant des incidents violents, a exclu de faire appliquer cette mesure par la force. Dimanche matin, des centaines de contestataires occupaient des tentes et des lits de fortune sur la place principale de Madrid, la Puerta del Sol, après un rassemblement qui avait mobilisé 30.000 personnes dans la nuit, la plus grande foule observée depuis une semaine.

Zapatero applaudi à l’étranger mais pas en Espagne

Ces résultats, s’ils se confirment, constituent une rebuffade pour le président du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, applaudi à l'étranger pour sa discipline fiscale durant la crise de la zone euro mais impopulaire dans son pays en pleine stagnation économique. Les socialistes, au pouvoir depuis 2004, sont aussi donnés perdants aux prochaines législatives, qui sont prévues en mars 2012 mais pourraient être avancées si de trop grandes pertes subies dimanche provoquaient une crise dans le parti.

Après la crise de la dette dans la zone euro qui a contraint la Grèce, l'Irlande et le Portugal à faire appel à l'Union européenne et au Fonds monétaire international (FMI), Madrid a adopté une série de mesures pour tenter de résorber son déficit public et rassurer les marchés financiers. Si le plan d'austérité a éloigné un scénario à la grecque, il a mis en colère bien des Espagnols. Zapatero n'en devrait pas moins poursuivre sa politique économique.