Un spécialiste d'Al-Qaida dévoile les plans secrets d'Aqmi

TERRORISME Le journaliste algérien Atmane Tazaghart décrypte dans un livre la nouvelle stratégie militaire de la branche maghrébine d'Al-Qaida...

B.D.

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Un homme regarde l'image d'Abdelmalek Droukdel, chef d'Al-Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi), le 19 novembre 2010 à Paris.
Un homme regarde l'image d'Abdelmalek Droukdel, chef d'Al-Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi), le 19 novembre 2010 à Paris. — AFP PHOTO / THOMAS COEX

Les plans secrets de la filiale maghrébine d’Al-Qaida dévoilés par un journaliste algérien, spécialiste de l’islamisme. Dans Aqmi, enquête sur les héritiers de Ben Laden au Maghreb et en Europe (à paraître aux éditions Jean Picollec), et dont les bonnes feuilles sont publiées ce vendredi dans le journal El Watan, Atmane Tazaghart explique la nouvelle stratégie militaire d’Aqmi.

L’actualité donne des idées au groupe terroriste, comme le «printemps arabe», et plus particulièrement les soulèvements en Tunisie et en Libye. Tazaghart indique qu’Aqmi a tenté, depuis «la dernière semaine de décembre 2010» de profiter du chaos sécuritaire pour s’introduire en Tunisie et «y installer une filière d’Aqmi».

A la mi-janvier, Mounir el-Haidara, l’un des émirs les plus célèbres du djihadisme tunisien, est nommé à la tête du groupe chargé de s’infiltrer en Tunisie. Objectif principal: «réactiver les réseaux du groupe Essouna Wal Djamaa, pour en faire le bras armé d’Aqmi». Le groupe a d’ailleurs mené sa première action armée au cœur de Tunis au moment où éclatait la révolte libyenne: un prêtre polonais est assassiné et une razzia est lancée contre le bordel de Tunis, dans la vieille médina.

Projet de «nouvel Afghanistan» dans le grand Sahara

De plus, dans la Libye voisine, Mounir el-Haidara a conclu un accord avec les tribus berbères du Djebel Nefoussa, au nord: fourniture d’armes contre appui pour sécuriser ses bases de R’mel el-Abaidh, la zone désertique tunisienne où ses hommes se sont infiltrés et où il ambitionne d’installer les camps d’entraînement d’une branche tunisienne d’Aqmi, indique Atmane Tazaghart. 

Atmane Tazaghart aborde aussi le projet d’Al-Qaida de créer un «nouvel Afghanistan» dans le grand Sahara. «Aqmi, qui est actuellement la filiale la plus active d’Al-Qaida, a reçu de la “maison mère“ des directives l’incitant à multiplier les actions terroristes dans le Maghreb et au Sahel, voire au-delà, en Europe et en Afrique noire», indique le journaliste. L’objectif étant de faire de la région «la base arrière d’une légion djihadiste capable de se lancer à l’assaut du Maghreb et de l’Europe» via des camps installés au Sahara.

L’auteur en veut pour preuve le «regain d’activité» d’Aqmi au Maghreb (militaires algériens tués, attentat de Marrakech), conséquence d’une stratégie mise en place depuis la mi-mars, et qui permet également à Al-Qaida de retrouver une visibilité qu’elle avait perdue sur la scène internationale au profit du «printemps arabe».