Quand Ben Laden notait ses idées d'attentats...

Florence Floux

— 

Vidéo d'Oussama ben Laden rendue publique le 7 mai 2011 par le Pentagone.
Vidéo d'Oussama ben Laden rendue publique le 7 mai 2011 par le Pentagone. — REUTERS/Pentagon/Handout

Plus d’une semaine après la mort d’Oussama ben Laden, l’analyse du matériel saisi dans la maison où il a été abattu par les forces spéciales américaines continue. Outre les disques durs, cartes mémoires et autres DVD, le carnet de bord dans lequel l’homme le plus recherché au monde «notait ses idées pour des opérations» révèle les préoccupations du chef terroriste avant son décès.

Selon une source qui a préféré rester anonyme, le carnet «ne comporte rien sur les endroits où il est allé ou ce qu’il a fait». Toutefois, la presse américaine révèle ce jeudi matin que le «journal» contient  de nouvelles idées d’attentats sur tout le territoire états-unien, notamment dans les villes de Los Angeles, Chicago et Washington D.C.  Il semblerait que Ben Laden «couchait des idées» sur le papier dans ce petit carnet. L’ancien leader d’Al-Qaida se demande par exemple combien d’Américains devraient mourir dans des attaques pour que leur pays se retire du monde arabe. Oussama ben Laden apporte lui-même une réponse à cette interrogation: d’après lui, il aurait suffi d’un nouvel attentat de la même ampleur que celui du 11 septembre 2001 pour que les Etats-Unis se retirent immédiatement d’Irak notamment.

Recruter des non-musulmans

Le matériel saisi dans sa maison pakistanaise d’Abbottabad a également permis d’établir que Ben Laden incitait ses troupes à recruter des non-musulmans tels que les Afro-Américains et les Latino-Américains, «opprimés aux Etats-Unis» selon lui, pour réaliser un nouvel attentat sur le sol américain à la date symbolique du dixième anniversaire du 11-Septembre.

The Washington Post dresse un parallèle entre le leader d’Al-Qaida et le chef d’une organisation mafieuse donnant des ordres à ses «capos» depuis une cellule de prison. Si ses «fans» à travers le monde étaient davantage désireux de frapper un peu partout, comme en Somalie ou au Yémen par exemple, où les risques étaient moins élevés, Ben Laden continuait d’insister pour qu’Al-Qaida poursuive ses attentats en Occident. Des différences de points de vue qui auraient engendré quelques frictions entre lui et ses affiliés, d’après les services secrets américains.