Bush et l'Inde s'entendent sur le nucléaire

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Pour sa première visite en Inde, le président américain s'est offert, hier à New Delhi, « un accord historique », selon ses propres termes. Les deux pays ont signé un pacte de coopération nucléaire civile. Un rapprochement sans précédent, puisque l'Inde, puissance nucléaire, n'a pas signé le Traité de non-prolifération (TNP) et n'a donc pas le droit, normalement, de coopérer avec le groupe des fournisseurs nucléaires (NSG). New Delhi s'est donc engagé à dissocier ses programmes nucléaires civil et militaire, ce qui permettra à l'Agence internationale à l'énergie nucléaire (AIEA) de contrôler ses installations civiles.

George W. Bush doit encore convaincre le Congrès, une loi américaine interdisant l'exportation de technologies pouvant aider le programme nucléaire d'un pays qui n'a pas ratifié le TNP. Ce ne sera pas facile, alors que nombre d'élus estiment que cette coopération nucléaire risque d'interférer dans les négociations avec l'Iran et la Corée du Nord, toutes deux signataires du traité. Les experts chargés du dossier arguent que, contrairement à l'Iran, il n'y a pas de problème de confiance avec l'Inde. De plus, ajoute un diplomate français, « l'Inde a un réel besoin d'énergie nucléaire, ce qui n'est pas le cas de l'Iran. »

Clémence Lemaistre

France Il y a dix jours, Jacques Chirac était à New Dehli. Il a lui aussi signé un accord de principe pour la coopération nucléaire civile avec l'Inde.