Burkina: Manifestation contre le président Blaise Compaoré

© 2011 AFP

— 

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à Ouagadougou à l'appel de l'opposition pour exiger le départ du président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 24 ans, mais en proie à la contestation populaire depuis fin février, a constaté un journaliste de l'AFP.

«Blaise out! Blaise dehors», «Blaise dégage!», «Tous unis pour le départ de Blaise Compaoré», pouvait on lire sur les pancartes brandies par les manifestants. Une autre, «Blaise = Ben Ali», faisait allusion à l'ex-président tunisien contraint de quitter le pouvoir par un soulèvement populaire.

Trente-quatre partis politiques avaient appelé à une «grande mobilisation» contre le régime Compaoré. En dépit du nombre relativement faible de manifestants, les chefs de l'opposition se sont déclarés satisfaits.

«On est très satisfaits de la mobilisation, malgré le travail de sape énorme du pouvoir», s'est félicité le principal opposant, Bénéwendé Stanislas Sankara.

Les leaders de l'opposition se sont succédés à la tribune pour dénoncer le régime de Blaise Compaoré, ex-militaire arrivé au pouvoir en 1987 par un coup d'Etat, réélu depuis quatre fois avec plus de 80% des voix lors de scrutins contestés par ses opposants.

«A la grave et profonde crise, il faut un remède efficace et curatif: le départ de Blaise Compaoré», a lancé Norbert Michel Tiendrébéogo, président du Font des forces sociales (FFS).

Bénéwendé Stanislas Sankara a invité «les forces armées, en tant que composantes à part entière de notre peuple à avoir un comportement citoyen».

Les militaires, dont ceux de la garde présidentielle, se sont mutinés à plusieurs reprises dans plusieurs villes depuis le 23 mars, tirant en l'air dans les rues et commettant de nombreux pillages. Leurs exemple a été suivi mercredi et jeudi par les policiers.

Ils réclamaient de meilleurs conditions financières, et ont en partie obtenu satisfaction.

Les manifestations contre la vie chère et le régime de Blaise Compaoré, qui ont débuté le 22 février, touchent désormais presque toutes les catégories socio-professionnelles du pays.

En dépit d'une série de mesures prises par le chef de l'Etat et le gouvernement de son nouveau Premier ministre Luc Adolphe Tiao formé le 21 avril, la tension persiste.