Le café Argana, à Marrakech (Maroc), éventré par l'explosion d'une bombe, le 27 avril 2011.
Le café Argana, à Marrakech (Maroc), éventré par l'explosion d'une bombe, le 27 avril 2011. — A.SENNA / AFP

MAROC

Attentat à Marrakech: Un nouveau bilan fait état de seize morts, dont sept Français

L'identification des corps est particulièrement difficile...

L'attentat à la bombe de Marrakech, qui a fait seize morts dont sept Français selon un bilan encore provisoire, n'avait toujours pas été revendiqué vendredi soir mais la piste islamiste est principalement évoquée. Une vidéo attribuée à l'organisation Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), postée sur internet, avait menacé le Maroc trois jours avant l'attentat de jeudi.

L'explosion, qui a fait en outre 23 blessés, s'est produite jeudi à l'heure du déjeuner au premier étage du café-restaurant Argana, sur la célèbre place Djemaa el Fna, en bordure de la médina, particulièrement prisée des touristes.

L'identification des corps est particulièrement difficile. Mais selon Paris, sept Français ont été tués. Parmi les victimes, figure une petite fille de 10 ans, originaire du Nord. Le ministère marocain de l'Intérieur a ajouté que deux Canadiens et un Néerlandais figuraient aussi parmi les personnes tuées.

«Identifications difficiles»

«J'ai eu mon collègue marocain, qui m'a expliqué que les identifications étaient difficiles, que certains corps étaient très abîmés. Le bilan provisoire est de 15 morts, dont sept Français», précise le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant, dans une interview à paraître ce samedi dans Le Journal du dimanche.

Outre ces ressortissants étrangers, deux Marocains ont été tués, écrit par ailleurs le ministère marocain dans un communiqué publié par l'agence de presse officielle Map.

Le Maroc n'avait pas connu une attaque aussi meurtrière depuis mai 2003, lorsque des attentats commis par des extrémistes islamistes avaient fait 45 morts à Casablanca, dont douze kamikazes. «Selon les enquêtes préliminaires, il semble qu'il s'agisse d'un acte terroriste provoqué par un engin explosif», a déclaré le ministre de l'Intérieur, Taieb Cherkaoui, cité par la Map.

Pas de kamikaze

A Paris, Claude Guéant a précisé qu'il n'y avait «pas eu intervention d'un kamikaze». «Quelqu'un a déposé un sac au sol et il y a eu déclenchement à distance», poursuit-il dans le JDD, ajoutant que l'engin était composé de nitrate d'ammonium, de TATP et de pentrite et que des clous avaient été ajoutés à la bombe pour en maximiser l'impact.

Pour les experts des questions de sécurité, l'opération rappelle d'autres tentatives islamistes déjouées par les forces de l'ordre marocaines ces dernières années.

«Perturber le mouvement de protestation au Maroc»

«Une majorité de complots est détectée au stade préliminaire parce que les autorités marocaines entretiennent un réseau d'informateurs très efficace au niveau de la rue», estime Anna Murison, de la société de conseil Exclusive Analysis. «Cependant, la récurrence des complots (...) fait qu'il est probable qu'un petit nombre passe au travers des mailles du filet.»

Le mouvement islamiste interdit Justice et Charité, du cheikh Abdessalam Yassine, a dénoncé après l'attentat un «acte lâche et criminel» mais a souligné que les autorités ne devaient pas utiliser ce drame pour porter atteinte aux droits de l'homme. «L'objectif de cet attentat est de répandre la peur et de perturber le mouvement de protestation populaire au Maroc», dit-il.