La Turquie va construire un canal entre la mer Noire et la mer de Marmara

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La Turquie va construire un canal de 150 mètres de large reliant la mer Noire à la mer de Marmara, afin de désengorger le Bosphore qui traverse la première métropole turque, Istanbul, a annoncé ce mercredi le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan.

«Nous relevons nos manches pour le Canal Istanbul, l'un des plus grands projets du siècle qui fera de l'ombre aux canaux de Panama et de Suez», a déclaré Recep Tayyip Erdogan dans un discours télévisé.

Les études préliminaires sur le projet, qui devraient prendre deux ans, commenceront après les élections législatives de juin, a-t-il déclaré, sans préciser les aspects financiers du projet. Le canal aura une longueur de 40 à 50 km, et une profondeur de 25 mètres, a-t-il précisé. Il pourra être emprunté par les plus gros tankers et paquebots, à raison de 160 par jour, permettant ainsi de désengorger le détroit du Bosphore, a ajouté Recep Tayip Erdogan, soulignant que 140 millions de tonnes de pétrole étaient transportés annuellement à travers le Bosphore.

Un «projet fou» qui sera terminé en 2023

Le Bosphore traverse Istanbul du nord au sud et est fréquenté par plusieurs dizaines de milliers de navires marchands chaque année, faisant courir aux quelque 13 millions d'habitans de la principale ville de Turquie de sérieux risques de catastrophe environnementale.

«Ce projet est un projet énergétique, un projet pour les transports (...) Mais avant tout, il s'agit d'un projet pour l'environnement. Il s'agit d'un projet pour la préservation de la nature, de la mer, des ressources en eau (...) d'Istanbul et de ses environs», a déclaré le Premier ministre.

Ce «projet fou» prévoit également la construction d'un aéroport - le troisième pour Istanbul et le plus grand de Turquie - et d'un port à proximité du canal, a indiqué Recep Tayip Erdogan, qui n'a pas voulu révéler le tracé de la voie d'eau ni le coût du projet.

Il a fixé pour l'achèvement des travaux la date de 2023, qui coïncide avec le centième anniversaire de la fondation de la République turque sur les ruines de l'empire ottoman.

Un des détrois les plus fréquentés du monde

L'annonce de ce projet intervient alors que le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) de Recep Tayip Erdogan, au pouvoir depuis 2002, est entré en campagne et espère une nouvelle victoire aux prochaines élections législatives, prévues le 12 juin.

Le Bosphore, point de passage obligatoire des navires en provenance ou à destination de la mer Noire, figure parmi les détroits les plus fréquentés au monde.

Les navires sont confrontés à un danger permanent dans ce passage sinueux d'une trentaine de kilomètres, où ils sont contraints à des manoeuvres délicates. Deux accidents de pétroliers avaient respectivement fait 41 et 28 morts, en 1979 et 1994.

La Turquie s'est déclarée à plusieurs reprises favorable à la construction d'oléoducs à travers la Thrace ou l'Anatolie pour désengorger le Bosphore.