Bahreïn: Le 2e secrétaire de l’ambassade d’Iran prié de quitter le pays

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Bahreïn a déclaré persona non grata le deuxième secrétaire de l'ambassade d'Iran et lui a demandé de quitter le pays sous 72 heures pour ses liens présumés avec une affaire d'espionnage au Koweït, a annoncé mardi l'agence officielle BNA.

Les relations entre Manama et Téhéran sont au plus bas depuis que l'Iran a critiqué la répression à la mi-mars par le pouvoir bahreïni d'un mouvement de contestation dirigé par des chiites, majoritaires dans ce pays arabe du Golfe.

«Accusation sans fondement»

«Le deuxième secrétaire de l'ambassade d'Iran Hujatullah Rahmani a été déclaré persona non grata pour ses liens avec la cellule d'espionnage au Koweït et il a 72 heures pour quitter Bahreïn», a précisé l'agence.

«Le chargé d'affaires iranien a été convoqué lundi au ministère bahreïni des Affaires étrangères où cette décision lui a été signifiée», a ajouté l'agence.

«Le but de cette action prise par le ministère bahreïni des Affaires étrangères est de détourner (l'attention) et d'ignorer la réalité», a réagi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, selon des propos rapportés par le site internet de la télévision d'Etat.

«Ce type d'accusation sans fondement est contraire aux relations de bon voisinage», «mais en ligne avec la volonté de division des étrangers», a-t-il ajouté. Il a précisé que l'Iran se réservait le droit de décider d'une action similaire.

Une attaque contre des installations vitales planifiée?

Le Koweït avait déjà annoncé le 31 mars l'expulsion de plusieurs diplomates iraniens accusés d'avoir conspiré contre la sécurité de cet émirat du Golfe. Cette décision avait été annoncée peu après la condamnation à mort au Koweït de trois personnes, dont deux Iraniens, pour espionnage au profit de l'Iran.

Selon le ministre des Affaires étrangères du Koweït, cheikh Mohammed Sabah al-Salem Al-Sabah, le réseau planifiait une attaque contre des installations vitales du Koweït.

Cette affaire a contribué à envenimer les rapports entre Téhéran et ses voisins arabes du Golfe, déjà tendus après l'envoi des forces saoudiennes et émiraties pour aider les autorités bahreïnies à réprimer la révolte de la population majoritairement chiite de l'émirat, comme celle de l'Iran.

Le ministère bahreïni a réaffirmé lundi «son rejet de toute ingérence dans les affaires internes de Bahreïn et des autres membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG)». Il a également invité «la République islamique à cesser ses agissements irresponsables, qui constituent une grave violation des normes et principes régissant les relations internationales et une menace pour la sécurité et la stabilité régionales», selon l'agence.