Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi se rencontrent à Rome pour calmer le jeu

DIPLOMATIE Les deux chefs d'Etat vont parler immigration, Libye et économie...

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Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi sur le perron de l'Elysée, le 19 mars 2011, à Paris.
Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi sur le perron de l'Elysée, le 19 mars 2011, à Paris. — T.COEX / AFP

Le président Nicolas Sarkozy rencontre ce mardi à Rome le chef du gouvernement Silvio Berlusconi pour tenter d'apaiser les tensions nées entre France et Italie sur le dossier des immigrés tunisiens, la Libye et les acquisitions d'entreprises françaises dans la péninsule. L'immigration et le réexamen du traité de libre circulation de Schengen seront les points les plus sensibles du sommet, qui se déroulera dans le cadre bucolique de la Villa Madama, demeure du XVIe siècle entourée de jardins sur les bords du Tibre.

Revoir Schengen

La France «ne veut pas suspendre Schengen» mais «revoir les clauses de sauvegarde dans des situations particulières», a assuré Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy. L'Italie est favorable à une sorte de «contrôle technique» pour déterminer à quel point le traité est adapté aux réalités actuelles, a indiqué le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini

Le 17 avril, Paris avait suscité la colère de Rome en suspendant la circulation des trains depuis la ville italienne de Vintimille vers la France, estimant qu'un train avec à bord des manifestants voulant accompagner des immigrés tunisiens posait un risque pour l'ordre public. La France est irritée par l'Italie qui a décidé d'octroyer des permis de séjour de six mois aux plus de 20.000 Tunisiens arrivés sur ses côtes depuis janvier pour qu'ils puissent rejoindre "amis et parents" en France et ailleurs en Europe.

Que faire de la Libye?

Autre friction: la Libye, où la position en pointe de la France a indisposé l'Italie, ex-puissance coloniale qui y dispose d'importants intérêts économiques. Là encore, après un départ poussif de l'Italie qui a hésité à lâcher son allié Mouammar Kadhafi, les positions se rejoignent: les deux pays ont reconnu officiellement la rébellion libyenne et dépêché sur place des conseillers militaires.

Enfin, Sarkozy et Berlusconi devraient aborder le «problème» de la soif d'acquisition des groupes français dans la péninsule: LVMH s'est emparé de Bulgari et le groupe laitier Lactalis est parti à l'assaut du géant local Parmalat. Tous ces sujets devraient être abordés au cours de ce sommet-éclair, qui débutera à 10h et donnera lieu à une conférence de presse conjointe prévue vers 11h30.