Syrie: Plus de 70 personnes tuées dans des violences

RÉVOLTE lles manifestaient contre le régime...

M.P. avec Reuters

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Manifestation à Banias, ville côtière du nord-ouest de la Syrie, contre Bachar al Assad, le 19 avril 2011.
Manifestation à Banias, ville côtière du nord-ouest de la Syrie, contre Bachar al Assad, le 19 avril 2011. — AFP PHOTO

La levée de l’état d’urgence, promulguée jeudi par le pouvoir syrien, n’y fait rien: les manifestations contre le président Bachar al Assad continuent et se renforcent. Et la répression s'est fait plus sanglante: au moins 70 personnes ont été tuées vendredi, selon le mouvement de défense des droits de l'homme Saouassiah. 

Ce vendredi, de nombreux Syriens sont descendus dans les rues de plusieurs villes pour réclamer le départ de Bachar al Assad. Plusieurs milliers de personnes ont défilé vendredi dans les rues de la capitale, Damas. Une marche immédiatement dispersée par les forces de sécurité syriennes, qui ont tiré des cartouches de gaz lacrymogène. Dans un faubourg de la capitale, où une manifestation était en cours, la police a tiré sur la foule faisant trois blessés, selon un témoin.

L’opposition s’unit

Plusieurs milliers de manifestants se sont également rassemblés à Deraa, dans le sud du pays, pour réclamer le «renversement du régime», déclarent d'autres témoins joints par Reuters. Même chose à Qamishli, dans le nord-est du pays, où entre 5.000 et 6.000 personnes ont défilé pour réclamer plus de démocratie.

A mesure que la contestation grandit, l’opposition commence à s’unir. Les militants syriens qui coordonnent les manifestations contre le régime du président Bachar al Assad ont exigé l'abolition du monopole du parti Baas sur le pouvoir et la mise en place d'un système politique démocratique.

Dans leur premier communiqué commun depuis le commencement des manifestations à la mi-mars, les «Comités locaux de coordination», qui représentent les différentes provinces de Syrie, ont estimé que «les slogans de liberté et de dignité ne pouvaient être traduits dans les faits que par des changements démocratiques pacifiques».

«Tous les prisonniers d'opinion doivent être libérés. L'appareil de sécurité en place doit être démantelé et remplacé par un autre, assorti d'une juridiction précise, et qui agit en conformité avec le droit», déclarent-ils dans le communiqué, qui a été adressé à Reuters. Le pouvoir syrien ne semble toutefois pas prêt à plus de concession.