Création d'un Etat palestinien: Mahmoud Abbas en visite à Paris pour demander du soutien

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Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas se rend mercredi en France pour demander avis et soutien aux dirigeants européens dans la perspective de la création d'un Etat palestinien cette année.

Mahmoud Abbas expliqué qu'il voulait «demander conseil» au président français Nicolas Sarkozy, qu'il rencontrera jeudi, sur les démarches en vue de la reconnaissance d'un Etat de Palestine.

Une reconnaissance de l’Etat palestinien à l’automne?

«Nous sommes amis, donc il pourra être sincère avec nous et nous parler franchement», a ajouté dans un entretien à l'AFP vendredi le dirigeant palestinien qui doit aller en Allemagne en mai.

Mardi, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a laissé entendre que la France et l'UE «travaillent à des initiatives» qui pourraient conduire à une reconnaissance à l'automne d'un Etat palestinien.

Face au blocage des négociations avec Israël depuis six mois, les Palestiniens sont déterminés à porter devant l'ONU, en septembre, la reconnaissance de leur Etat sur les lignes de 1967, c'est-à-dire l'intégralité de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Mais ils se heurtent à la réticence des Etats-Unis, parrain des négociations.

Septembre, date butoir de la reconnaissance pour Obama

Washington a récemment forcé le Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, UE, Russie et ONU) à reporter une réunion au cours de laquelle la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne espéraient définir les «paramètres» d'un règlement final - notamment sur les frontières et la sécurité - afin de relancer les pourparlers israélo-palestiniens.

Une réunion du Quartette en mars avait déjà été repoussée à la demande des Etats-Unis, qui ont beaucoup perdu de leur crédibilité aux yeux des Palestiniens.

En février, l'administration Obama a mis son veto à une résolution arabe présentée au Conseil de sécurité qui aurait condamné la colonisation juive. Les Européens, en revanche, ont voté en faveur de la résolution.

Le président Barack Obama a cependant mentionné, lui aussi, septembre comme date butoir pour un accord sur la création d'un Etat palestinien indépendant.

L’Autorité palestinienne ««s'effondrerait» si l'occupation israélienne se poursuit

«Si nous arrivons en septembre sans le moindre résultat, nous demanderons bien sûr au président américain de tenir ses promesses, quand il a dit souhaiter voir un Etat palestinien membre à part entière des Nations unies», a dit Mahmoud Abbas à l'AFP. Mahmoud Abbas, qui a déjà évoqué à plusieurs reprises sa possible démission, a averti que l'Autorité palestinienne «s'effondrerait» si l'occupation israélienne se poursuit.

En attendant, frustrés, les dirigeants palestiniens se tournent vers l'Union européenne, dont ils attendent un «rôle politique» plus actif. Ils ont applaudi à la déclaration tripartite (Grande-Bretagne, France et l'Allemagne), le 18 février à l'ONU, dans laquelle les trois pays expliquaient leur vote en faveur de la résolution condamnant la colonisation.

Londres, Paris et Berlin prônaient «l'arrêt immédiat de la colonisation, y compris à Jérusalem-Est» et le retour à la table des négociations «sur la base de paramètres clairs», dont des frontières fondées sur les lignes du 4 juin 1967 (avant la Guerre israélo-arabe) et «une solution juste, équitable et négociée» au problème des réfugiés palestiniens.

«Nous sommes très satisfaits de cette déclaration parce que tous les éléments d'une solution sont dedans", souligne Mahmoud Abbas. «Nous sommes prêts à reprendre immédiatement les négociations s'ils (les autres membres du Quartette) adoptent le communiqué européen», a-t-il promis.

Mardi, le quotidien Los Angeles Times a indiqué que le Quartette pourrait reconnaître pour la première fois la création d'un Etat palestinien dans les lignes de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, afin de faire pression sur Israël.