l'état d'urgence a été levé

Anthony Nataf

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Trois manifestants ont été tués hier matin dans la ville de Homs.Une manifestation anti-gouvernementale à Banias, dimanche.
Trois manifestants ont été tués hier matin dans la ville de Homs.Une manifestation anti-gouvernementale à Banias, dimanche. — AP / SIPAAP / SIPA

L'idée était évoquée depuis plusieurs semaines. Finalement, le gouvernement syrien a adopté hier un projet de loi qui abroge l'état d'urgence, en vigueur depuis 1963, a indiqué l'agence de presse officielle Sana. La décision fait suite à la promesse, samedi, du président syrien Bachar al-Assad de sa levée. Pour que la mesure entre en vigueur, Bachar al-Assad devra la ratifier, mais l'acte semble n'être qu'une simple formalité.

Manifestation à Banias
La levée de l'état d'urgence peut apparaître comme une concession du régime de Bachar al-Assad, alors que la mobilisation pour « la liberté » et contre le pouvoir ne montre aucun signe d'essoufflement. Mais elle est à relativiser. Elle s'accompagne d'une nouvelle législation qui vise à « réguler le droit à manifester pacifiquement ».
De nombreux analystes avaient craint que l'état d'urgence ne soit remplacé par d'autres lois à la portée similaire ou ne change rien. « L'état d'urgence est quelque chose d'assez formel, estime Charles Saint-Prot, directeur de l'Observatoire d'études géopolitiques. Ce genre de régime n'a pas besoin de l'état d'urgence pour réprimer son peuple quand c'est nécessaire. »
Désormais, une autorisation du ministère de l'Intérieur sera nécessaire pour manifester. Bachar al-Assad avait prévenu dans son discours de samedi qu'il ne ferait preuve d'aucune indulgence avec « les saboteurs ». A Homs, grande ville du centre du pays, où 17 personnes ont été tuées dimanche par les tirs des forces syriennes, trois manifestants anti-gouvernementaux ont été tués par balles hier matin, selon des militants des droits de l'homme. Après l'annonce de la levée de l'état d'urgence, une manifestation a rassemblé des centaines de personnes à Banias.