Syrie: Levée de l'état d'urgence

M.P. avec Reuters

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Le  gouvernement syrien a adopté un projet de loi abrogeant l'état d'urgence en vigueur depuis 1963, de même qu'une nouvelle législation visant «à réguler le droit à manifester pacifiquement», rapporte l'agence de presse officielle Suna. rapporte mardi l'agence de presse officielle Suna. Le président Bachar al Assad devra ratifier ce texte avant qu'il n'entre en vigueur mais sa signature devrait être une simple formalité, explique un haut responsable.

Cette mesure avait déjà été annoncée par le président syrien alors qu’il est confronté à une vague de contestation sans précédent. Selon Suna, le conseil des ministres a également adopté un projet de loi abrogeant un tribunal spécial de sécurité accusé par les défenseurs des droits de l'homme de bafouer l'Etat de droit et le droit de tous à un procès équitable. Ces réformes sont une réponse à des semaines de contestation politique, inspirée par les exemples tunisien et égyptien, pour une démocratisation du régime, vieux de onze ans, de Bachar al Assad.

Durcissement de la répression

Ces annonces sont censées calmer les protestataires, tout comme la formation d'un nouveau gouvernement la semaine dernière. Mais dans le même temps, la répression contre les manifestations, de plus en plus nombreuses, s’est durcie. Dans la grande ville centrale de Homs, 165 km au nord de Damas, des milliers de protestataires ont réclamé le départ du président syrien, à l'occasion des funérailles de huit des leurs, tués dimanche soir par des hommes à la solde du régime.

Les forces de sécurité syriennes ont tiré sur les manifestants, faisant au moins 25 blessés.  Signe que les autorités n'ont pas l'intention de céder du terrain aux opposants, le ministère de l'Intérieur a présenté lundi soir les troubles comme relevant d'une «insurrection armée (...) d'organisations salafistes» de la part de groupes appartenant à des organisations salafistes, en particulier à Homs et Banias.