Libye: A Misrata, la bataille fait toujours rage entre insurgés et pro-Kadhafi

CRISE La bataille fait rage dans ce port, point stratégique pour les rebelles...

Avec Reuters

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Des réfugiés en attente d'évacuation dans la ville de Misrata, en Libye, le 31 mars 2011. 
 
Des réfugiés en attente d'évacuation dans la ville de Misrata, en Libye, le 31 mars 2011.    — AFP PHOTO / Filippo MONTEFORTE

Les forces du colonel Mouammar Kadhafi ont de nouveau pilonné ce vendredi les rebelles libyens retranchés à Misrata, dans l'ouest du pays, où la bataille pour le contrôle du port de la ville assiégée fait rage. Un médecin présent sur place a déclaré à la chaîne de télévision Al Djazira que les tirs de roquettes avaient tué huit personnes, principalement des femmes et des enfants. L'Organisation internationale des migrations a d'ailleurs évacué, par la mer, 1.200 migrants jusqu'alors bloqués dans cette ville.

D'autres affrontements ont eu lieu dans l'est de la Libye, à un kilomètre de l'entrée ouest d'Adjabiah, ont indiqué des insurgés, qui ont perdu l'un des leurs au cours de ces combats. Ce dernier, qui tenait une batterie antiaérienne, a été tué par balles et deux autres de ses frères d'armes ont été blessés.

Ajdabiah est la dernière grande ville tenue par les rebelles avant Benghazi, leur bastion dans l'Est.

Syrte pilonnée par l’Otan

De son côté, l'aviation de l'Otan a mené des raids sur Syrte, la ville natale de Mouammar Kadhafi, a rapporté la télévision officielle libyenne. «La ville de Syrte a été la cible il y a peu de temps de bombardements des agresseurs colonialistes croisés», a déclaré la chaîne Al Jamahiriya.

Des habitants de Misrata, seule localité aux mains des insurgés dans l'Ouest, ont confié à Al Djazira que pour la seule journée de ce vendredi une centaine de roquettes avaient été tirées sur Misrata, y compris sur des quartiers résidentiels.

«Les chars pilonnent Nakl al Thekil, l'armée tire partout. Ca a commencé ce matin, puis ça c'est arrêté et là, ça a repris», a dit par téléphone à Reuters un des représentants des insurgés disant s'appeler Kamel Salem.

Avantage dans les combats urbains

La route de Nakl al Thekil est un axe stratégique puisqu'elle mène au port de Misrata, seule possibilité d'échanger avec le reste du monde et du pays. «Ils ont tiré sur cette route car le port de Misrata est la seule fenêtre vers le monde extérieur (...) L'ampleur des destructions est énorme. J'étais sur place et j'ai pu le constater», a confié à Reuters un autre porte-parole se présentant sous le nom de Ghassan. Selon les rebelles, plus de 200 roquettes ont été tirées vendredi en direction du port, qui a dû être fermé.

Pour les analystes, la clé du conflit de Misrata, dont le siège dure maintenant depuis plus de six semaines, demeure la maîtrise du port.

«Le port est la clé»

Si les rebelles semblent garder un avantage dans les combats urbains, ils pourraient toutefois être sérieusement handicapés si jamais les forces fidèles au dirigeant libyen parvenaient à occuper le port, ou à en couper l'accès par la route, selon Paul Beaver, expert des questions de défense à Londres.

«Si j'étais leur commandant, c'est exactement ce que je ferais. Le port est la clé (...) tout comme le fait de pouvoir s'y rendre ou en partir», a-t-il expliqué à Reuters.

Des images tournées dans le centre de la troisième ville de Libye montrent un spectacle de chaos où les médecins tentent de soigner des blessés sans le matériel adéquat, juste à côté de carcasses de véhicules encore fumantes.