Côte d'Ivoire: La vie reprend son cours, un proche de Gbagbo arrêté

CRISE Les écoles doivent rouvrir prochainement, l'exportation du cacao reprendre, et les rues d'Abidjan sont de plus en plus animées...

© 2011 AFP

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Des Abidjanais font la queue pour entrer dans un supermarché, dans le quartier de Cocody, à Abidjan, le 13 avril 2011.
 
 
Des Abidjanais font la queue pour entrer dans un supermarché, dans le quartier de Cocody, à Abidjan, le 13 avril 2011.     — no credit

La Côte d'Ivoire continue ce vendredi sa lente normalisation à la faveur de l'installation au pouvoir du président Alassane Ouattara, avec l'annonce de la réouverture prochaine des écoles et une animation croissante dans les rues de la métropole économique Abidjan.

Symbole du nouveau pouvoir, la télévision TCI a annoncé une reprise des cours pour le 26 avril dans les écoles du pays. Ils avaient cessé en raison de la crise qui a suivi la présidentielle de novembre et des combats qui ont fait rage à Abidjan pendant une dizaine de jours jusqu'à l'arrestation lundi du président sortant Laurent Gbagbo.

Blé Goudé placé en résidence surveillée

Un de ses proches, Charles Blé Goudé, chef des «jeunes patriotes», a été arrêté jeudi et placé en résidence surveillée, a déclaré ce vendredi Patrick Achi, porte-parole du gouvernement, sans autre précision. Sollicitée par l'AFP, la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) a dit ne pas disposer d'information sur le sort de Charles Blé Goudé.

La TCI a confirmé aussi la reprise de l'exportation du cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial. Le cacao représente une manne sur laquelle Alassane Ouattara, un économiste, compte pour relancer un pays cassé par la crise et les sanctions internationales qui avaient visé le régime de l'ex-président Gbagbo.

Dans les rues d'Abidjan, la principale ville du pays, livrées aux pillages, aux bandes armées et aux combats entre forces des deux rivaux ces derniers jours, la sécurité continuait de s'améliorer petit à petit malgré le désordre et les pillages persistant dans certains secteurs. «Ce week-end, les gens se retrouveront dans les "maquis" (restaurants de quartier) et les boîtes de nuit», prédisait un militaire ivoirien optimiste. Les gens osent de plus en plus sortir de chez eux et prendre leur voiture après s'être barricadés à domicile pendant les combats.

Gbagbo «pas livré à l'arbitraire»

Des patrouilles du nouveau régime se poursuivaient pour tenter de ramener l'ordre. «Il y a des grenades abandonnées, des armes, des munitions quelque part? C'est dangereux pour vos enfants et pour vous, alors signalez-les nous», déclarait le «commandant Morro» dans les rues d'Abidjan. On était sans nouvelles de Laurent Gbagbo qui a été transféré dans un lieu-dit sûr du nord du pays après son arrestation. Mais le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a assuré vendredi qu'il n'était «pas livré à l'arbitraire» et confirmé qu'il bénéficiait de la protection des forces de l'ONU.

«Il est gardé par les forces du président Ouattara, elles-mêmes encadrées par les forces de (la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire) l'Onuci. Donc, il n'est pas livré à l'arbitraire», a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision française LCI. Mercredi, l'ONU a annoncé que l'ancien président avait été transféré dans une résidence présidentielle du nord du pays. Le camp Gbagbo, qui conteste la légalité de l'arrestation du président sortant, a interpellé le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et saisi des avocats à Paris.

Malgré le redémarrage des activités et la stabilisation politique, la mise en place du nouveau pouvoir prendra du temps. L'installation de M. Ouattara au palais présidentiel, qu'il avait annoncée pour les prochains jours, a été repoussée de «plusieurs semaines», le temps de remettre en état les locaux, avait dit jeudi soir une source à la présidence. Dans les couloirs du palais occupé pendant onze ans par Laurent Gbagbo, au sous-sol, entre les cuisines et la buanderie, des caisses vert sombre sont entassées les unes sur les autres, pleines de centaines de roquettes. D'ici là, le chef de l'Etat restera à son QG du Golf Hotel d'Abidjan.