Yémen: Des chefs religieux et tribaux pour un départ "immédiat" du président Saleh

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D'influents dignitaires religieux et chefs tribaux yéménites ont appelé au départ «immédiat» du président contesté Ali Abdallah Saleh, réclamé depuis fin janvier par de jeunes protestataires, dans un communiqué publié ce vendredi.

«Le président de la République doit répondre aux revendications de la révolte pacifique des jeunes, et en premier lieu son départ immédiat et celui de tous ses proches des organes militaires et de sécurité» qu'ils dirigent, précise le communiqué publié au terme d'une réunion jeudi à Sanaa.

La rencontre a réuni autour du chef de la puissante tribu des Hached, à laquelle appartient la famille du président Saleh, les dignitaires des principales tribus et la plupart des membres du Conseil des oulémas, très influents dans ce pays pauvre et à structure tribale.

Un plan de sortie de crise

Les participants ont averti que si le président ne se démettait pas «rapidement», ils «prendraient la tête des manifestations et des sit-in dans l'ensemble des provinces» du pays, selon le texte.

Ils ont en outre annoncé «rejeter toute initiative ne prévoyant pas (...) au préalable le départ du président» Saleh, dans une référence implicite à une initiative des voisins arabes du Yémen.

Les six monarchies arabes du Golfe ont présenté un plan de sortie de crise prévoyant que le président transfère ses prérogatives à son vice-président, et préconisant la formation d'un gouvernement d'union nationale dirigé par l'opposition qui serait chargé d'élaborer une Constitution et d'organiser des élections.

Plus de 100 morts lors de manifestations

Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, est contesté par la rue depuis fin janvier. Les manifestations ont fait plus de 100 morts.

D'importants chefs tribaux, dont des responsables de deux des plus importantes tribus du pays, les Hached et les Baqil, avaient annoncé le 26 février leur ralliement à la contestation devant un vaste rassemblement près de Sanaa.