Syrie: HRW accuse les services de sécurité d'avoir torturé des manifestants

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L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) accuse les services de sécurité et de renseignement syriens d'avoir torturé de nombreux manifestants parmi les centaines arrêtés depuis le début du mouvement de contestation il y a un mois.

Des avocats, militants des droits de l'Homme et journalistes ayant soutenu ou participé aux manifestations contre le régime ont également été arrêtés, déplore HRW dans un communiqué publié jeudi.

L'organisation indique que ces accusations sont fondées sur les témoignages de 19 personnes arrêtées par les moukhabarat (services de renseignement) à Damas, Deraa, Douma, al-Tal, Homs et Banias. Parmi les prisonniers figurent deux femmes et trois adolescents.

«Appareils d'électro-chocs, câbles et fouets»

L'ONG indique avoir visionné une vidéo sur laquelle des prisonniers relâchés à Deraa «portent des marques de torture sur le corps».

«Tous les détenus, à l'exception de deux, arrêtés durant les manifestations ont affirmé à HRW que des officiers de moukhabarat les avaient battus lors de leur arrestation et en détention, et qu'ils avaient vu des dizaines d'autres détenus être frappés ou entendu des cris de personnes en train d'être battues».

Des détenus ont indiqué avoir été torturé «avec des appareils d'électro-chocs, des câbles et des fouets». Les prisonniers étaient détenus dans des cellules surpeuplées et nombre d'entre eux ont été privés de sommeil, de nourriture et d'eau.

Au moins 200 morts selon Amnesty

«Le président (Bachar al-) Assad doit retenir ses services de sécurité et exiger qu'ils rendent des comptes pour les arrestations arbitraires et les actes de torture», indique Joe Stork, responsable du département Moyen-Orient de HRW.

Le président Assad a décidé de libérer les personnes arrêtées depuis le 15 mars, à l'exception de ceux qui ont commis des «actes criminels», a annoncé jeudi la télévision publique syrienne.

Amnesty International a affirmé pour sa part jeudi qu'au moins 200 personnes avaient été tuées depuis le début de la contestation, la plupart par les forces de sécurité ou des policiers en civil.