Timide concession du pouvoir

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Un char, dans les rues de Banias.
Un char, dans les rues de Banias. — REUTERS

Le président Al-Assad, confronté à un mouvement de contestation sans précédent en Syrie, continue d'alterner répression brutale et timides gestes d'ouverture. Soucieux d'apaiser les tensions dans la ville côtière de Banias, Damas s'est engagé hier à remplacer la police secrète par une présence militaire en ville et à libérer des manifestants pro-démocratie. Banias, située dans l'ouest du pays, est l'un des hauts lieux de la contestation contre le Président, qui a formé un nouveau gouvernement hier. Les chars des forces de sécurité syriennes encerclent la ville depuis le déroulement d'une manifestation vendredi, au cours de laquelle des appels au renversement du régime ont été lancés.
La décision d'hier a été prise par un responsable du parti Baas au pouvoir, des imams et des représentants de Banias, à la veille de la journée de prière hebdomadaire, qui est souvent l'occasion des plus grandes manifestations. « Des habitants de Banias arrêtés ces dernières semaines ont déjà été libérés », a indiqué l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme. Selon la chaîne Al Jazira, l'armée syrienne a informé les habitants de Banias qu'elle allait entrer dans la ville, mais ne s'en prendrait pas à la population. La veille, la deuxième ville de Syrie, Alep, avait été gagnée par la contestation, qui a débuté mi-mars à Deraa, dans le sud du pays. La répression du mouvement pour la démocratie a déjà fait au moins 200 morts, selon les estimations de la Déclaration de Damas, le principal comité syrien de défense des droits de l'homme.