Libye: Pluie de roquettes pro-Kadhafi sur Misrata, frappes de l'Otan à Tripoli

CONFLIT Pendant ce temps, les Occidentaux tentent toujours d'accorder leurs violons...

C.C. avec Reuters

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De la fumée s'échappe de Tripoli (Libye), le 14 avril 2011.
De la fumée s'échappe de Tripoli (Libye), le 14 avril 2011. — Z.BENSEMRA / REUTERS

Les forces de Mouammar Kadhafi ont fait pleuvoir ce jeudi les roquettes sur la ville assiégée de Misrata, ont annoncé les rebelles, sur fond de différends diplomatiques au sujet des bombardements occidentaux sur la Libye.

Selon plusieurs porte-parole des insurgés, la ville côtière, assiégée depuis plus de six semaines, a essuyé plusieurs dizaines de tirs de roquettes dans la journée, pour un bilan de 23 civils tués, majoritairement des femmes et des enfants.

La situation risque d’empirer à Misrata

Les organisations d'aide humanitaire redoutent que la situation n’empire dans cette ville de l'ouest de la Libye, la seule aux mains des insurgés dans cette partie du pays. Sur place, les habitants manquent de tout, principalement d'eau, de nourriture et de médicaments.

De leur côté, les rebelles n'ont de cesse de réclamer une intensification des frappes de l'Otan contre les forces de Kadhafi dans cette zone, qui ne vient pas. Si l'Alliance n'a pas frappé ce jeudi les positions des pro-Khadafi aux abords de Misrata, les avions de combat de l'Otan ont mené des raids sur Tripoli, la capitale du pays.

Clinton appelle à l’«unité» au sein de l’Otan

Dans la foulée, la télévision libyenne, qui a fait état de victimes, a diffusé des images de Mouammar Kadhafi circulant à Tripoli dans un véhicule décapotable, précisant que la scène avait été tournée alors que la capitale était bombardée par l'aviation de l'Otan.

En marge d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Alliance, qui se tient jeudi et vendredi à Berlin, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a confié son inquiétude quant aux «atrocités» constatées à Misrata. La numéro deux de l'administration Obama a par ailleurs appelé de se voeux une certaine «unité» au sein de l'Alliance, tiraillée ces derniers jours sur la question de la résolution du conflit libyen.

Les «Brics» ne sont pas d’accord

Dans la déclaration sur laquelle se sont entendus les 28 membres de l'Alliance, l'Otan s'engage, selon son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, à poursuivre les frappes «à cadence élevée» tant que les attaques du colonel Kadhafi contre les civils se poursuivront et que ses troupes n'auront pas regagné leurs casernes.

Cependant, cet effort militaire ne plaît toujours pas à tout le monde. Réunis lors d'un sommet en Chine, les cinq puissances émergentes du «Bric» que sont le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud ont réaffirmé leurs réticences quant aux bombardements de l'Otan, appelant à une solution politique, sans violence.

L’ONU appelle à un cessez-le-feu immédiat

Ces critiques à peine voilées sont intervenues tandis qu'un autre sommet consacré à la question libyenne se tenait également dans la journée au Caire, au siège de la Ligue arabe. Il réunissait cette fois-ci le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-Moon, la représentante de la diplomatie européenne Catherine Ashton, le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, ainsi que des responsables de l'Union africaine (UA) et de l'Organisation de la conférence islamique (OCI).

A l'issue de ce sommet, le secrétaire général de l'ONU a appelé à un cessez-le-feu immédiat en Libye, tout en indiquant que selon lui, une issue politique était préférable à un recours à la force. «A mesure que les combats font rage, la situation ne fait qu’empirer et s'éloigner d'une solution politique. Nous appelons de nos voeux la mise en place d'un processus de paix à travers lequel le peuple libyen puisse décider de son propre avenir», a estimé Ban Ki-moon peu après le sommet. «Le monde ne doit pas abandonner. Le peuple libyen ne mérite pas moins que cela», a-t-il ajouté.