Mladic au coeur d'un calendrier serré

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Ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, 62 ans, a été inculpé de génocide par le TPI en 1996 pour son rôle dans le siège de Sarajevo et dans le massacre à Srebrenica (est de la Bosnie) de près de 8.000 Musulmans.
Ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, 62 ans, a été inculpé de génocide par le TPI en 1996 pour son rôle dans le siège de Sarajevo et dans le massacre à Srebrenica (est de la Bosnie) de près de 8.000 Musulmans. — AFP/Archives

Démenti catégorique. Du gouvernement serbe au Tribunal pénal international (TPI) en passant par Washington, tous ont démenti hier les informations de la presse serbe sur l'arrestation de Ratko Mladic. Ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, le général a été inculpé en 1995 par le TPI pour son rôle dans le siège de Sarajevo, qui a fait près de 10 000 morts, et sa participation au massacre de quelque 8 000 musulmans en juillet 1995 à Srebrenica. En fuite depuis dix ans, Mladic a bénéficié de la bienveillance des autorités serbes, peu disposées à livrer un de leurs citoyens à la justice internationale.

Reste à savoir pourquoi la presse serbe, y compris les médias sérieux et indépendants, assure que des négociations sont en cours pour obtenir la reddition du criminel de guerre. « La question est : d'où vient l'information ? S'agit-il d'une source bien informée et mal intentionnée, voulant mettre le gouvernement en difficulté. Ou l'inverse ? », s'interroge Catherine Durandin*, chercheuse à l'Institut de relations internationales et stratégiques. Lundi, la commission européenne rendra en effet son rapport sur la coopération de Belgrade avec le TPI, qui conditionne l'avenir européen de la Serbie.

Autre certitude, ces rumeurs interviennent alors que viennent de s'engager les discussions sur le futur statut du Kosovo, province administrée par l'ONU et dont la majorité albanaise réclame une indépendance refusée par le gouvernement serbe. Mais si elle veut sauver les 80 000 Serbes du Kosovo, Belgrade est contrainte de donner des signes de bonne volonté.

Clémence Lemaistre

*L'Europe, l'utopie et le chaos (Colin, 2005).