Côte d'Ivoire: Cinq mois de crise

CHRONOLOGIE Depuis l'élection présidentielle du 31 octobre dernier jusqu'à l'arrestation de Laurent Gbagbo...

C. F. avec Reuters

— 

STAFF PHOTOGRAPHER / REUTERS

La crise ivoirienne va-t-elle connaître un épilogue? Laurent Gbagbo a été arrêté ce lundi à Abidjan par les forces d'Alassane Ouattara soutenues par l'Onuci et la force française Licorne. Retour sur cinq mois de lutte acharnée pour le pouvoir.

>> Retouvez tous nos articles sur la crise en Côte d'Ivoire en cliquant ici

11 avril 2011 - Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo est arrêté par les forces d'Alassane Ouattara soutenues par l'Onuci et la force française Licorne, selon une source au ministère français de la Défense. Un porte-parole du camp Ouattara, Hervé Cohx, basé à Paris, précise que Laurent Gbagbo  été emmené à l'hôtel du Golf, QG des forces du vainqueur reconnu de l'élection présidentielle du 28 novembre.

6 avril - L'échec des négociations entre les deux camps est avéré. Les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) reprennent le siège de la résidence de Gbagbo, où le président sortant est protégé par un millier d'hommes.

5 avril - Des proches de Gbagbo multiplient les contacts avec des représentants étrangers. A Paris, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, annonce que le président sortant négocie son départ. Son collègue de la Défense, Gérard Longuet, estime que «tout peut se dénouer dans les quelques heures».

4 avril - Des hélicoptères de la force Licorne interviennent aux côtés des casques bleus de l'Onuci pour neutraliser des armes lourdes du camp Gbagbo.

2 avril - Le CICR rapporte que 800 personnes au moins on été tuées dans des violences intercommunautaires à Duékoué.

31 mars - Les forces de Ouattara sont aux portes d'Abidjan. La bataille pour le contrôle de la capitale économique de Côte d'Ivoire débute.

28/31 mars - Offensive éclair des FRCI, soutenant Ouattara, vers l'ouest et le sud du pays. Dans l'ouest, les FRCI prennent les villes de Duékoué, Guiglo et le port de San Pedro, infrastructure clef du secteur du cacao; Yamoussoukro tombe sans combat le 30 mars.

30 mars - Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 1975 qui «autorise tous les moyens nécessaires (...) pour empêcher l'utilisation d'armes lourdes contre la population civile».

25 mars - Le HCR estime que 700.000 à un million d'Ivoiriens ont fui les combats et l'insécurité dans la seule métropole d'Abidjan, où vivent quelque 4 millions d'habitants.

11 mars - Gbagbo rejette une proposition de l'Union africaine lui offrant un exil et des garanties de sécurité.

24 décembre 2010 - Les dirigeants de la Cédéao menacent de recourir à la force si Gbagbo ne cède pas le pouvoir.

22 décembre - La Banque mondiale suspend son assistance financière à la Côte d'Ivoire, gelant plus de 800 millions de dollars d'engagements.

17 décembre - Nicolas Sarkozy intime à Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir «avant la fin de la semaine».

16 décembre - Des affrontements éclatent dans Abidjan et d'autres villes du pays entre manifestants pro-Ouattara et forces de l'ordre loyales à Gbagbo. A Abidjan, les bilans fluctuent selon les sources. Le gouvernement Gbagbo parle de 20 morts, celui qu'a formé Ouattara avance le nombre de 14 morts.

4 décembre - Les «deux présidents» prêtent chacun serment. Dans les jours qui suivent, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) puis l'Union africaine reconnaissent la victoire de Ouattara.

3 décembre - Le Conseil constitutionnel, composé de proches du président sortant, annule 600.000 voix pour fraudes présumées et proclame Gbgabo vainqueur du scrutin avec 51% des voix. Le représentant de l'ONU en Côte d'Ivoire rejette cette annonce et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, de même que les Etats-Unis, l'Union européenne, la France et d'autres, apportent leur soutien à Ouattara.

2 décembre - Ouattara est proclamé vainqueur avec 54,1% des voix contre 45,9% à Gbagbo par la Commission électorale indépendante, dont les résultats sont certifiés par l'ONU.

28 novembre - Second tour sur fond de couvre-feu imposé par Gbagbo. L'ONU estime que le scrutin s'est déroulé «dans un climat démocratique» en dépit de violences ponctuelles. 

31 octobre 2010 - Premier tour. Laurent Gbagbo arrive en tête avec 38% des voix contre 32% pour Alassane Ouattara. Crédité d'un score de 25%, l'ex-président Henri Konan Bédié est écarté. Entre les deux tours, il appelle ses électeurs à voter en faveur de Ouattara.