Syrie: l'armée assiège Banias, Paris condamne les violences

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L'armée encerclait lundi matin Banias dans le nord ouest de la Syrie au lendemain d'affrontements sanglants dans cette ville qui ont fait au moins 13 morts dont neuf militaires, a affirmé un militant des droits de l'Homme.

La France "condamne" les violences meurtrières en Syrie et exhorte Damas "à renoncer immédiatement à l'usage de la force contre les manifestants", a déclaré lundi le ministère français des Affaires étrangères.

L'armée encercle Banias autour de laquelle 17 chars ont été déployés, et l’électricité est coupée dans cette ville côtière à 280 km au nord ouest de Damas, a indiqué le militant.

"L’armée tire épisodiquement pour provoquer les gens afin qu'ils ripostent mais aucun manifestant n’a tiré", a ajouté le militant qui a requis l'anonymat. Selon lui, "des appels depuis les minarets des mosquées exhortent l’armée à cesser ses tirs" à Banias.

"Trois soldats ont essayé de rallier les manifestants après avoir refusé de tirer mais leurs supérieurs leur ont tiré dessus et ils ont été blessés", a encore ajouté le militant des droits de l'Homme.

Dimanche, les forces de sécurité ont ouvert le feu à Banias faisant au moins quatre morts, ont indiqué des témoins à l'AFP. L'agence officielle Sana a annoncé qu'un convoi militaire avait été pris dans une embuscade sur une route de Banias. Au total neuf militaires ont été tués, dont deux officiers, et plusieurs soldats ont été blessés, a indiqué Sana dans la nuit.

De son côté le militant des droits de l'homme, Abdel Karim Rihaoui a déclaré à l'AFP que les funérailles de quatre personnes tuées dimanche s'étaient déroulées lundi matin à Banias.

"L'armée est postée sur les carrefours de la ville et les habitants coopèrent d'une manière positive" avec les soldats, a-t-il affirmé en appelant tout le monde "à la retenue" et à "s'abstenir de faire usage de la force".

Cinq personnes avaient déjà été blessées par balle dimanche à l'aube devant une mosquée de Banias, selon un témoin. A l'heure de la prière, sept voitures "transportant des gens envoyés par le régime sont arrivées devant la mosquée Abou Bakr al-Sidiq, et leurs occupants ont ouvert le feu sur la mosquée", a-t-il raconté.

Il a précisé qu'une "manifestation pacifiste" réclamant la chute du régime avait eu lieu samedi après-midi à Banias et que les habitants, craignant des descentes des pro-régime, avaient formé des comités populaires et érigé des barrages pour protéger les quartiers.