Yémen: les manifestants ne veulent pas dialoguer avec le pouvoir

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Le mouvement de protestation au Yémen refuse le dialogue avec le régime de Sanaa, proposé par les monarchies arabes du Golfe pour aboutir au départ du président Ali Abdallah Saleh, a déclaré lundi à l'AFP un représentant des jeunes protestataires qui campent à Sanaa.

«Nous ne sommes concernés par aucun règlement négocié entre le pouvoir et l'opposition et qui ne répond pas à notre revendication principale: la chute du régime avec tous ses symboles», a déclaré Adel al-Rabii, un dirigeant des protestataires qui observent depuis le 21 février un sit-in à Sanaa.

 

«Nous n'acceptons pas la récupération de notre révolution», a ajouté Adel al-Rabii, affirmant «parler au nom de tous les jeunes manifestants» à Sanaa mais aussi dans les autres grandes villes comme Taëz, au sud de Sanaa, Hodeida, sur la mer Rouge et Aden, dans le sud du pays.

Les monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui ont relancé dimanche leur médiation dans la crise yéménite, ont demandé à M. Saleh de céder le pouvoir à son vice-président, Abd Rabbo Mansour Hadi, en vue d'une transition pacifique du pouvoir.

Un gouvernement d'union nationale?

Au terme d'une réunion à Ryad de leurs ministres des Affaires étrangère, les six membres du CCG ont appelé le gouvernement de M. Saleh et l'opposition à une réunion dans la capitale saoudienne en vue d'une transition pacifique au Yémen.

Le plan du CCG prévoit la constitution d'un gouvernement d'union nationale dirigé par l'opposition qui sera chargé d'élaborer une Constitution et d'organiser des élections.

Au moins 100 morts

L'opposition parlementaire a pour sa part salué l'offre du CCG. «Nous nous félicitons des résultats de la réunion ministérielle du CCG», a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'opposition parlementaire, Mohamed Qahtane. Il a ajouté que «le Forum commun doit se réunir pour étudier la proposition» du CCG.

Ce Forum regroupe les formations de l'opposition parlementaire, dont le parti islamiste Al-Islah et le Parti socialiste yéménite (PSY).

Le Yémen est depuis fin janvier le théâtre de manifestations réclamant le départ du président Saleh, qui ont fait plus de 100 morts.